20 janvier 2008
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Alliance
Je nouai un pacte avec la neige. Elle viendrait, exacte et triennale, étendre ses nappes fraîches sur mes plaines fébriles, émousser l'aspérité de mes silex, raviver l'enfance aux vieux jardins en friche. En échange, je lui ouvrirais mes grandes citernes immémoriales, mes hivers ineffables et leurs chemins défaits, des collections de visages ravinés par l'oubli. Sur mes cheveux, tant de sourires légers, sur mes mains, sur mes yeux, toutes ces lèvres à peine fondantes. Ô furtive oniromancienne, de tes promesses candides, j'ai gardé ce goût de songe et de lait fade, et ce muet murmure de soupirs dérobés, comme un serment qui ne dit pas son nom... Ce qui s'écoulait après toi n'était que boue sans importance, le balayage sordide au terme de la représentation, quand, dans la salle immense à présent désertée, ne reste que ce spectateur encore saisi du sortilège, et dont le regard cherche en vain la rampe enténébrée : comme si , dans la rémanence des voix mortes et des reflets éteints, quelque chose durait d'infiniment subtil, et vivait d'une vie mystérieuse, que lui seul peut savoir.
Jean-Paul PLANTIVE
revue 7 à dire n°28 nov-déc 2007
(As.Pro.Ex.Po. 1 bis chemin Saint-Michel 44700 Orvault)







