Enluminure d'un moulin à eau attribuée à Barthélemy d'Eyck (fl. 1444–1469) et Jean Colombe (1430–1493) Bibliothèque municipale de Metz, cliquez sur les liens :
Le blog Temps-Pestif fut créé, le 11 juillet 2006, par Hervé Éléouet et Jean-Luc Autret tous deux membres de l'association An Amzer Poésies. Le huitième texte publié sur ce blog, le 27 juillet, fut le magnifique poème d'Anjela Duval intitulé "Eil bugaleaj/Seconde enfance" dont voici les versions bretonne et française :
E milin an Amzer ‘m eus malet
Pilhoù va yaouankiz
Holl druilhoù va c’hoantiz
Drailhennoù va Hunvre
Froudennoù, Sorc’hennoù
Ha poanioù Ha kañvoù
Holl ‘m eus o distrempet
Gant c’hwezenn ha daeroù
Ha poazhet an doazenn
E tan-flamm va c’halon
Graet ganto follennoù
A ferin d’o lufrañ
Gant houarn kalet va youl
Ha warno me ‘skrivo
Gant livioù va soñjoù
Faltazioù diboell
Va eil bugaleaj
E yezh varzhus va Gouenn
Mae 1963
Au moulin du temps j’ai moulu
Les haillons de ma jeunesse
Tous les chiffons de ma beauté
Les lambeaux de mon rêve
Les caprices, les sottises,
Et les peines et les deuils
Je les ai tous trempés
De sueur et de larmes
Et j’ai cuit cette pâte
Au feu ardent de mon cœur
Et j’en ai fait des feuilles
Repassées et lustrées
Au dur fer de ma volonté
Et sur elles j’écrirai
Aux couleurs de mes pensées
Les rêves inconscients
De ma seconde enfance
Dans la langue lyrique des miens
Mai 1963
traduction de Loeiz Grall
Ce poème illustre bien la figure de style qu'est la métaphore (du grec ancien μεταφορά/metaphorá : transport). Fondée sur l'analogie implicite, elle consiste à remplacer une chose par une autre qui lui est différente, mais qui lui ressemble.
Le moulin à papier est un moulin à eau servant à la fabrication de papier à partir de la pâte de chiffons. Son implantation en Bretagne s'est faite à la fin du XVème siècle en même temps que s'y est développée l'imprimerie.
Pour ce nouveau jeu poétique de l'été 2026, destiné à fêter les 20 ans du blog Temps-Pestif, je vous propose de créer des petits poèmes d'anniversaire en nous inspirant des métaphores et de la prosodie bretonne d'Anjela qui n'est pas sans rappeler celle d'une baguenaude médiévale.
règle : En vous inspirant des métaphores : moulin/horloge et vêtement/vie, composez une baguenaude, c'est à dire un poème de 14 hexasyllabes (vers de 6 pieds) sur 7 rimes disposées comme bon vous semble. Glissez-y les mots "moulin, papier et heure" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien un "moulindheure" comme celui-ci :
Ma chiffe au pourrissoir
Attend d'être battue.
Mon orgueil, bien tissé,
S'effiloche dans l'eau
Faisant tourner la roue
Du moulin à son heure.
Séchant dans l'étendoir,
Le papier fut pressé
D'oublier le tissu
Pour recevoir mes mots.
En s'échappant des aubes,
La poésie s'ébroue
Explosant de couleurs
Dans les lueurs de l'aube.
de Jean-Luc Aotret
Trempez vos plumes dans l'encre du temps pour nous composer des "moulindheures" sur vos métamorphoses. Vous êtes bien entendu instamment convié.es à laisser vos contributions et vos appréciations dans les commentaires.
/image%2F1541187%2F20260626%2Fob_4b4783_tn-moulin.jpg)







