Effets d'automne à Argenteuil de Claude Monet
De quelle lumière nous parle le vieux Goethe ?
Celle que Louise1 désirerait voir percer
le voile de Thanatos et contrer les meutes
obscurantistes perdant notre humanité ?
A moins que ce ne soit la mère des visions,
salut de ses regards, qu'Anatole2 salue
et qui fleurit la mer profonde aux nageurs blond,
douce conseillère qui éclaire les nues.
Un soleil palissant d'automne aux pieds d'Alphonse3,
le dernier sourire à l'horizon de sa vie,
une larme au tombeau, une coupe de vie,
un retour de bonheur qui s'accrochent aux ronces.
La toilette d'un écureuil sur la bruyère,
le vent qui balance la feuille de Carême4,
un écureuil qui du chêne sans cesse sème
des éclats dorés de feuilles dans la clairière.
Et il neige l'or de François5 dans l'air tout rose,
à travers la brume du matin automnal.
Des branches dépouillées, la clarté blonde arrose
une douce nature aux teintes sépulcrales.
Elle reflète sur les ailes des oiseaux
une tendre rousseur, une braise qui luit
dans un lambeau de vent qu'arrache Mambrino6
de sa plume : une flamme qui nous éblouit !
de Jean-Luc Aotret
1- Louise Ackermann : De la Lumière !
2- Anatole France : A la lumière
3- Alphonse de Lamartine : L'automne
4- Maurice Carême : L’écureuil et la feuille
5- François Coppée : Matin d’octobre
6- Jean Mambrino : L'automne








