les vapeurs de la nuit de Yan' Dargent (1896 musée des beaux arts de Quimper), cliquez sur les liens
C'est bientôt une ronde un sabbat pour Musset1,
une danse macabre embrassant un amant
qui veut chanter au vent de la nuit son divan,
alors que tout autour le silence est parfait.
Voilà, dans ce sombre silence, qu'elle va
faire un pas encore, la nuit des moires sombres2,
quand d'obscures choses se réveillent dans l'ombre
où tout être vivant sent que l'Esprit est là.
Ce pas de vent de loup de fougère et de menthe3
que la nuit fait déjà, c'est un pas de bergère,
aveugle sans moutons, filant des lucernaires
de ses constellations et étoiles filantes.
Grand cœur en qui tout rêve et tout désir pénètre4,
accueillant les sommeils des bêtes et des gens,
la nuit fait s'ouvrir l'âme où la noie dans l'étang,
sous son oeil de lune qui vient d'apparaître.
Cet oeil qui éclaire tel les yeux des hiboux
les champs du firmament ombragés par la nuit5
où paissent des astres qui ruminent sans bruit,
comptant le temps des hommes sages comme fous.
En ce grave moment nos âmes se recueillent 6,
car pendant que le voleur reprend sa besogne
la sombre nuit aux tempes du malade cogne
lui signifiant son heure et de sa vie le deuil.
de Jean-Luc Aotret
1- "La nuit" in poésies posthumes d’Alfred de Musset (1810-1857)
2- "Nuit" in toute la lyre de Victor Hugo (1802-1885)
3- "La nuit" in poésies de Claude Roy (1915-1997)
4- "A la nuit" in le cœur innombrable d’Anna de Noailles (1876-1933)
5- "hymne de la nuit" in harmonies poétiques et religieuses d’Alphonse de Lamartine (1790-1869)
6- "le crépuscule du soir" in les fleurs du mal de Charles Baudelaire (1821-1867)








