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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 00:44
auteur né une année en 9 :
Terpsichore, Euterpe, Polyhymnia, Clio, Sarcophage des Muses, IIe siècle, musée du Louvre, cliquez sur l'image

A Dieu vous dy, Muses Aoniennes,
Vos musemens m'ont par trop arresté.
Vos beaux guerdons sont-ce pas pauvreté,
Langueur, soucy, ennuys, travaux et peines

Et puis vantez vos eaux Pegasiennes !
Puis promettez une immortalité !
A Dieu, à Dieu : je n'ay que trop esté
Repeu du vent de vos promesses vaines.

Las ! qu'ay je dit ? ô Muses, revenez,
Et avecq'moy, s'il vous plaist, vous tenez,
Car desormais vous seules je veux suivre :

Sçachant très-bien qu'au monde tout perit,
Fors seulement les seuls biens de l'esprit,
Que l'homme mort après la mort faict vivre.

Jean de La Peruse (1529-1554)

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 00:20
auteur né une année en 9 :

Lac de Garde photo Jalm cliquez sur l'image

Beaux soirs d'été, charmante veille,
Où je saisissais au hasard
Un baiser, un mot à l'oreille,
Un soupir, un geste, un regard.

Que de fois, dans cet art instruite,
Thémire, au milieu des jaloux,
Jeta, dans des discours sans suite,
Le mot, signal du rendez-vous !

Jean-François de LA HARPE  (1739-1803)
extrait de "Les regrets"


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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 00:57
auteur né une année en 9 :

Ernest d'Hervilly, cliquez sur l'image

The park

Sa Seigneurie est sur le continent. - Les hêtres
Sous lesquels Robin-Hood jadis tendit son arc
Mugissent, défeuillés, au fond du noble Park.
Blackwood-Castle est désert ; closes sont les fenêtres.

Rivière de high-life, à travers un gazon
Ratissé sans relâche, eau flegmatique et noire,
Coule à présent la source où s'arrêtait pour boire
Le brave Outlaw chargé de fraîche venaison.

Le domaine est ouvert au public. - Véritable
Faveur, Mylord ! - Pourtant, bien qu'il soit confortable,
Elégant et correct - de la fleur au caillou, -

Les promeneurs jamais n'y troublent les corneilles ;
Nul Bottom de village, aux joyeuses oreilles,
N'y vient se faire dire : O my dear, I love you !

Ernest d'HERVILLY   (1839-1911)

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 00:03
auteur né une année en 9 :

Diane de Poitiers, anonyme, avant 1525 BNF cliquez sur l'image

Vers adressés à Diane de Poitiers

Plus ferme foi ne fut oncques jurée
A nouveau prince, ô ma belle princesse,
Que mon amour qui vous sera sans cesse
Contre le temps et la mort assurée.
De fossés creux ou de tour bien murée
N'a pas besoin de ma foi la fortresse,
Dont je vous fis, dame, reine et maîtresse,
Parce qu'elle est d'éternelle durée.
Trésor ne peut sur elle être vainqueur
Un si vil prix n'acquiert un gentil coeur.

roi HENRI II   (1519-1559)



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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 00:18
auteur né une année en 9 :

les trois destinées tapisserie flamande (v. 1510-1520)

Quand le pâtre a fini son chant joyeux ou triste,
Dans l'air ému souvent le son persiste,
Et plane une dernière fois.
Puis, bientôt le silence,
Cet hymne sans voix,
Recommence
Au bois.

Le feu mystérieux que le caillou recèle
Au choc du fer jaillit en étincelle ;
Mais ce n'est qu'un rapide éclair
Qu'un moment voit éclore :
Le jet vif et clair
S'évapore
Dans l'air.

Le navire qui fend la mer avec sa proue
Creuse un sillon où la vague se joue
Et parfois un instant reluit.
Puis, tout s'éteint ; sa trace
Se perd dans la nuit,
Et s'efface
Sans bruit.

Edouard GRENIER   (1819-1901)

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 00:52
auteur né une année en 9 :

iris des marais sur le canal de Nantes à Brest photo Jalm cliquez sur l'image

Des parfums féminins se mêlaient dans la chambre
A l'arôme troublant des cigares fumés :
Vagues parfums d'iris, d'ylang-ylang et d'ambre,
Et de grains de sérail autrefois consumés.
Mon oreille tintait aux souvenirs d'orgie,
Et le marteau d'acier de la céphalalgie
Poussait dans mon cerveau des rêves inommés.

Émile GOUDEAU   (1849-1906)
extrait de "La ronde du remords"


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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 00:00
auteur né une année en 9 :

fontaine de Loguellou à Pencran photo Jalm cliquez sur l'image

Epitaphe

Que l'on m'enterre un matin
De soleil, pour que nul n'essuie,
Suivant mon cortège incertain,
De vent, de bourrasque ou de pluie.
Car, n'ayant jamais fait de mal
A quiconque ici, je désire,
Quand mon cadavre sépulcral
Aura la pâleur de la cire,
Ne pas, en m'en allant, occire
Des suites d'un rhume fâcheux
Quelque pauvre dévoué sire
Qui suivra mon corps de faucheux.

Albert GLATIGNY   (1839-1873)


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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 00:05
auteur né une année en 9 :
les étangs de Lannénec en Ploemeur photo Jalm cliquez sur l'image

C'est la fenaison ; personne ne chôme.
Dès qu'on voit du jour poindre les blancheurs,
En groupes épars, les rudes faucheurs
Vont couper le foin au sauvage arôme.

Au bord des ruisseaux, d'indolents pêcheurs
Des saules pensifs dorment sous le dôme ;
Et, le soir venu, l'air qui nous embaume
Apporte déjà d'étranges fraîcheurs.

Mais, quand midi luit sur les fondrières,
Deux à deux, cherchant de blondes clairières
Où la mousse étend son beau tapis vert,

Des couples rieurs vont sous la feuillée
Par un beau ciel d'or tout ensoleillée,
Le panier au bras, mettre le couvert.

Louis-Honoré FRÉCHETTE   (1839-1908)

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 00:59
auteur né une année en 9 :
Le Jeu des échecs moralisés. vers 1480-1485. Parchemin, BNF
cliquez sur l'image

Moi,
C'est toi ;
Nous, c'est toi-moi ;
NOUS DEUX c'est UNE fois ;
Coeurs-de-nous, c'est, Dieu-Ciel en soi ;
Si un jour, SEULE et SEUL... Enfer d'effroi !!!
Jamais ! Elle est ma reine, et Moi je suis son roi.


Xavier FORNERET  (1809-1884)


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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 00:55
auteur né une année en 9 :
Våren (1907) av Carl Larsson cliquez sur l'image

Qui peut vous oublier, blondes filles du Nord,
Au teint pâle, aux yeux bleus, si pures et si belles
Qu'il nous semble toujours qu'aux voûtes éternelles
Comme des séraphins, vous allez prendre essor !

De vos yeux abrités sous vos longs cheveux d'or,
Parfois, à votre insu, sortent des étincelles.
C'est que le feu caché qui couve en vos prunelles
N'a dans aucun climat fait battre un coeur plus fort.

Pendant les courtes nuits de juin, ô jeunes filles !
Quand vous veniez, le front caché dans vos mantilles,
Fouler d'un pied léger les prés de Djurgarden,

Je croyais voir au ciel scintiller plus d'étoiles ;
L'air était embaumé, la nuit était sans voiles,
Et mon rêve enchanté durait jusqu'au matin.

Armand de FLAUX (1819-1883)

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