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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 00:19

auteur né une année en 4 :

tn Marguerite

Marguerite de Navarre par Jean Clouet, (vers 1530), cliquez sur l'image

 

A la reine de Navarre, duchesse d'Alençon.

Par cette épître en style rude écrite,
Princesse illustre, ô reine Marguerite,
Puisque plus loin ne t'ont pu convoyer,
Humble salut te veulent envoyer,
Ceux qui pour toi ont dit mainte chanson,
Les rossignols de ton Parc d'Alençon.
Ô quelle joie ! ô quel plaisir nous vint
Quand jusqu'à nous la nouvelle survint
De ta venue en ton Parc, qui peut être
A peu nommé un Paradis terrestre.
Lors ciel et terre, oiseaux, arbres et bêtes,
Pour t'honorer menaient grand'joie et fêtes.
Le ciel fut doux et en température, ...

Guillaume LE ROUILLÉ (1494-1550)

extrait de l'Épître au nom des rossignols du parc d'Alençon



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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 00:23

auteur né une année en 4 :

tn Orage

orage en Bourgogne photo Jalm, cliquez sur l'image 

 

Dans l'instant, le ciel se couvre :
Un voile épais noircit l'air,
Et du nuage qui s'ouvre
Sortent la foudre et l'éclair :
Nise éperdue et tremblante,
Tient son amant dans ses bras,
Et la flèche étincelante
Donne à tous deux le trépas.

Nicolas-Germain LÉONARD (1744-1793)
extrait de l'orage

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 00:55

auteur né une année en 4 :

tn Nice3

marché au fleurs de Nice photo Jalm, cliquez sur l'image


A Francis Jourdain.

L'Écosse s'est voilée de ses brumes classiques,
Nos plages et nos lacs sont abandonnés ;
Novembre, tribunal suprême des phtisiques,
M'exile sur les bords de la Méditerranée...

J'aurai un fauteuil roulant " plein d'odeurs légères "
Que poussera lentement un valet bien stylé :
Un soleil doux vernira mes heures dernières,
Cet hiver, sur la Promenade des Anglais...

Pendant que Jane, qui est maintenant la compagne
D'un sain et farouche éleveur de moutons,
Émaille de sa grâce une prairie australe
De plus de quarante milles carrés, me dit-on,

Et quand le sang pâle et froid de mon crépuscule
Aura terni le flot méditerranéen,
Là-bas, dans la Nouvelle-Galles du Sud,
L'aube d'un jour d'été l'éveillera... C'est bien !...

Henry Jean-Marie LEVET (1874-1906)

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 00:50

auteur né une année en 4 :

tn Venise

Le Cannaregio à Venise photo JJB, cliquez sur l'image


Il semble qu'un soupir, un éternel soupir,
Peuple l'air embaumé d'échos mélancoliques ;
C'est un soupir qui sort de ces brillants portiques
Qu'habitaient autrefois les chants et le plaisir.

Car Venise déjà n'est plus qu'un souvenir.
Elle dort du sommeil des vieilles républiques.
- En vain vous attendez, vagues adriatiques,
Le doge fiancé qui ne doit plus venir.

De quel royal éclat tu brillais, ô Venise !
Au temps où te peignait Paul Véronèse, assise
Sur un velours d'azur, tenant un sceptre d'or !

Seul au Pont des Soupirs, un poète, à cette heure,
Penché vers ta beauté, rêve, contemple et pleure.
- Hélas ! jamais les pleurs n'ont réveillé la mort.

Nicolas MARTIN (1814-1877)

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 00:39

auteur née une année en 4 :

tn Bois3

bois su Stangalar photo Jalm, cliquez ur l'image  

 

Je voudrais aller me promener dans les bois ;
j'aurais un grand chapeau, une robe légère,
je me griserais d'air et de bonne lumière,
et tu me rapprendrais à marcher à ton bras.

Je voudrais aller dans un grand bois, un vieux bois,
où l'on dit que les fées se promènent encore ;
peut-être en attendant du soir jusqu'à l'aurore,
qu'une d'elles nous laisserait ouïr sa voix.

Moi je n'ai pas vu d'arbres depuis si longtemps,
ni de fleurs dans les jardins ! Celles que tu portes,
et que tu poses sur mon lit, à moitié mortes,
achèvent de mourir dans les appartements.

 

Marie NERVAT (1874-1909)


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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 00:56

auteur né une année en 4 :

tn CapBonneEspérance

carte de l'Afrique du Sud 1780, cliquez sur l'image 

 

Mon seul plaisir et ma chère partie,
Dont mon pur sang et ma chair est partie,
Des divins dons vous ay voullu partir,
Et tant de biens en concept impartir
Qu'oncques ne fut femme si bien partie.
Ma saincte amour vous fut lors impartie,
Et purité dignement impartie,
Tant que depuys n'en a voullu partir
Mon seul plaisir.

Adam feist faire à Grâce départie,
Mais de vostre âme el n'est pas départie
Par le péché que feist tant espartir
Es lieux mondains, sans povoir départir.
Vous n'avez eu tache en quelque partie,
Mon seul plaisir.


Jean PARMENTIER (1494-1529)


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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 00:09

auteur né une année en 4 :

tn Lune3

le voyage dans la lune de Mélliès, cliquez sur l'image 

 

Ô bel oeil de la nuit, ô la fille argentée
Et la soeur du soleil et la mère des mois,
O princesse des monts, des fleuves et des bois,
Dont la triple puissance en tous lieux est vantée.
Puisque tu es, déesse, au plus bas ciel montée,
D'où les piteux regrets des amants tu reçois,
Dis, lune au front cornu, as-tu vu quelquefois
Une âme qui d'amour fût si fort tourmentée ?
Si doncques ma douleur vient ton corps émouvoir,
Tu me peux secourir ; ayant en ton pouvoir
Des songes emplumés la bande charmeresse.
Choisis l'un d'entre tous qui les maux d'un amant
Sache mieux contrefaire, et l'envoie en dormant
Représenter ma peine à ma fière maîtresse.

Jean PASSERAT (1534-1602)


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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 00:38

auteur né une année en 4 :

tn pen ti2

pen ty à Plougasnou photo Jalm, cliquez sur l'image  

 

Avoir une maison commode, propre et belle,
Un jardin tapissé d'espaliers odorans,
Des fruits, d'excellent vin, peu de train, peu d'enfans,
Posseder seul sans bruit une femme fidèle,

N'avoir dettes, amour, ni procès, ni querelle,
Ni de partage à faire avecque ses parens,
Se contenter de peu, n'espérer rien des Grands,
Régler tous ses desseins sur un juste modèle,

Vivre avecque franchise et sans ambition,
S'adonner sans scrupule à la dévotion,
Dompter ses passions, les rendre obéissantes,

Conserver l'esprit libre, et le jugement fort,
Dire son chapelet en cultivant ses entes,
C'est attendre chez soi bien doucement la mort.

Christophe PLANTIN (1514-1589)


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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 00:56

auteur né une année en 4 :

tn Rome3

forum de Rome photo Jalm, cliquez sur l'image


À Maurice Nicolle.

L'illustre ville meurt à l'ombre de ses murs ;
L'herbe victorieuse a reconquis la plaine ;
Les chapiteaux brisés saignent de raisins mûrs.

Le barbare enroulé dans sa cape de laine
Qui paît de l'aube au soir ses chevreaux outrageux,
Foule sans frissonner l'orgueil du sol Hellène.

Ni le soleil oblique au flanc des monts neigeux,
Ni l'aurore dorant les cimes embrumées
Ne réveillent en lui la mémoire des dieux.

Ils dorment à jamais dans leurs urnes fermées,
Et quand le buffle vil insulte insolemment
La porte triomphale où passaient des armées,

Nul glaive de héros apparu ne défend
Le porche dévasté par l'hiver et l'automne
Dans le tragique deuil de son écroulement.

Le sombre lierre a clos la gueule de Gorgone.

Pierre QUILLARD (1864-1912)


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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 00:03

auteur né une année en 4 :

tn Chateau1

château de Montmoreau St Cybard photo Jalm, cliquez sur l'image  

 

... Ne réservez pas à ma vieillesse un château, mais faites-
moi la grâce de me garder, comme dernier refuge, cette cuisine
avec sa marmite toujours en l'air,
avec la crémaillère aux dents diaboliques,
la lanterne d'écurie et le moulin à café,
le litre de pétrole, la boîte de chicorée extra et les allumettes
de contrebande,
avec la lune en papier jaune qui bouche le trou du tuyau de poêle,
et les coquilles d'oeufs dans la cendre,
et les chenets au front luisant, au nez aplati,
et le soufflet qui écarte ses jambes raides et dont le ventre fait
de gros plis,
avec ce chien à droite et ce chat à gauche de la cheminée,
tous deux vivants peut-être,
et le fourneau d'où filent des étoiles de braise,
et la porte au coin rongé par les souris,
et la passoire grêlée, la bouillotte bavarde et le grill haut sur
pattes comme un basset,
et le carreau cassé de l'unique fenêtre dont la vue se paierait cher
à Paris,
et ces pavés de savon,
et cette chaise de paille honnêtement percée,
et ce balai inusable d'un côté,
et cette demi-douzaine de fers à repasser, à genoux sur leur planche,
par rang de taille, comme des religieuses qui prient, voilées de noir
et les mains jointes.

Jules RENARD (1864-1910)


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L'univers d'An Amzer

 

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