On appelle "rime enchaînée", une rime à la fois annexée et dérivative. C'est donc une rime qui se prolonge dans le premier mot du vers suivant avec la même syllabe et la même racine comme dans cet extrait d'un poème de Clément Marot (1496-1544) :
Maint ennemi se rend notre hôte,
Combien de Gennes dans sa côte
Côtoie un périlleux fatras (...)
L'enseigne est ce panneau informatif (souvent pendu à des chaînes) très en vogue au XVème siècle chez les artisans ou les commerçants et que l'on retrouve jusqu'à nos jours sous la forme des panneaux lumineux de nos supermarchés ou autre fast food. Le poète Léon Valade (1841-1884) lui a consacré un sonnet dont voici le second tercet :
Aux fenêtres, croisant ses vrilles à plaisir,
Le liseron bleuit comme un vague désir...
Et sur l'enseigne on lit : Aux amours éternelles !
Je vous propose donc en ce début d'année de nous inspirer à la fois de la mètrique de Valade et de la rime enchaînée de Marot pour nous amuser à créer des petites strophes sur le thème de l'enseigne.
règle : composez un quatrain (strophe de quatre vers) d'alexandrains (vers de douze pieds) sur deux rimes a b disposées comme cela vous chante. Glissez-y où vous voulez le mot "enseigne", faites en sorte qu'une des rimes soit "enchaînée" et vous obtiendrez un petit poème que j'appellerais bien une "enchaigne" comme celle-ci :
enseigne au Mont Saint Michel photo Jalm, cliquez sur l'image
Je vois une sirène qui en mer se baigne,
serait-ce cette fée qui fait que l'on divague ?
Vaguement agitée par le vent, une enseigne
me montre cette ondine ondulant dans les vagues.
de Jean-Luc Aotret
Levez donc votre nez au-dessus des échopes pour mieux vous laisser enseigner par la poésie de l'enseigne.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.








