9 juin 2009
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Dans la tradition russe il est dit que, le samedi précédent la Trinité, la roussalka (la sirène) court en tous sens dans les champs de seigle. Nymphe des eaux, déesse de la rivière, favorite des esprits du lac, la sirène russe est identique à notre Mélusine. Semblablement, elle souhaite devenir femme à la condition de séduire un prince sous la réserve d’un interdit qui une fois transgressé la maudira. Depuis, la roussalka, à l'instar de Mélusine, gémit son sort à travers la forêt où elle n’a de cesse de guetter les hommes. Au début du XVème siécle, le poète Jehan de Couldrette nous a révélé le cri de la sirène dans son "roman de Mélusine" versifié, en voici un extrait :
Mal vy la grant beauté de toy,
Mal vy ton gracieux arroy*,
Mal te vy dessus la fontaine,
Mal vy ton gracieux demaine**,
Mal vy ton atour amoureux
Mal vy ton gent corps precieux,
Mal vy la dolente*** journée
Que de toy fus enamourée,
Mal vy ton gracieux arroy*,
Mal te vy dessus la fontaine,
Mal vy ton gracieux demaine**,
Mal vy ton atour amoureux
Mal vy ton gent corps precieux,
Mal vy la dolente*** journée
Que de toy fus enamourée,
chp 40 "Mellusine" publié en 1854 par Francisque Michel
aux éditions Robin et Favre
aux éditions Robin et Favre
* tournure
** manière
*** triste
** manière
*** triste
Je vous propose de réutiliser la technique poétique de l'anaphore (voir la catégorie "l'âne à fort" de mai 2007) employée ici par Couldrette pour vous amuser à formuler ce cri de la sirène trompée.
extrait d'une miniature de Guillebert de Mets ~1410 illustrant "le roman de Mélusine" cliquez sur l'image
extrait d'une miniature de Guillebert de Mets ~1410 illustrant "le roman de Mélusine" cliquez sur l'image règle : composez une strophe carrée de huit octosyllabes (huitain isométrique) sur quatre rimes plates. Utilisez pour les sept premiers vers une anaphore exprimant le cri de douleur de la sirène trompée. Glissez-y où vous voulez le mot roussalka et vous obtiendrez un petit poème que j'appelerais bien un "roussalgramme" comme celui-ci :
Malheur à moi qui fut aimée
Malheur à moi qui fut trompée
Malheur à moi qui tant donna
Malheur à moi la Roussalka
Malheur à moi en ce printemps
Malheur à moi à travers champs
Malheur à moi pauvre sirène
d'être sortie de sa fontaine.
de Jean-Luc Aotret
Malheur à moi qui fut trompée
Malheur à moi qui tant donna
Malheur à moi la Roussalka
Malheur à moi en ce printemps
Malheur à moi à travers champs
Malheur à moi pauvre sirène
d'être sortie de sa fontaine.
de Jean-Luc Aotret
Tel Ulysse lié au mât de sa galère écoutant chanter la sirène, attachez-vous à la prosodie de vos vers pour que celle-ci vous amène à pouvoir transcrire le cri, sans succomber, de cette roussalka trompée.
Ce jeu durera jusqu'à la saint Jean, date à compter de laquelle quelques anamzeriens réfléchiront à une façon originale de publier vos oeuvres.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à laisser vos appréciations dans les commentaires.
Ce jeu durera jusqu'à la saint Jean, date à compter de laquelle quelques anamzeriens réfléchiront à une façon originale de publier vos oeuvres.
Vous êtes bien entendu instamment conviés à laisser vos appréciations dans les commentaires.







