19 novembre 2008
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Anticlérical pétri de spiritualité, il nous avait conviés à l’eucharistie du poète. Autour du pain et du vin d’une convivialité toute humaine, il avait cherché à nous faire entendre la voix des anges. Archange de fortune, il avait voulu être cet intermédiaire inspiré qui insuffle l’esprit à la lettre. Nostalgique du sein de ses origines dont il guettait sans cesse le fantôme, il nous avait invités à contempler la fille, l’épouse, la mère à travers les images qui recouvraient les murs inquiets de son univers. Charles est parti rejoindre sa dame blanche vendredi dernier et nous restons les héritiers orphelins de ce mage du verbe.
de Jean-Luc Aotret
Traîne-misère
à Paul-Alexis Robic
Un petit mort s'en va sous terre
Et la cloche n'en a rien dit
Le corbillard creuse l'ornière
Le curé frileux et poli
Marmonne son latin prolétaire.
Nous sortirons de ce jour fade
M'avait dit le marchand d'amis
- Marchand, je veux vingt camarades
Pour former le cortège et puis
Un festin pour la régalade.
Un petit mort s'en va sous terre
-C'est un enter'ment sous la pluie-
Quel est le matou grabataire
Qui fait ce boucan dans la nuit
Mon Dieu, le pauvre qu'on enterre !
Lazare n'était qu'endormi
Au lit des visites dernières
Un petit mort qui m'était cher
Brouille l'algèbre et l'infini.
Charles Le Quintrec
Les temps obscurs
à Paul-Alexis Robic
Un petit mort s'en va sous terre
Et la cloche n'en a rien dit
Le corbillard creuse l'ornière
Le curé frileux et poli
Marmonne son latin prolétaire.
Nous sortirons de ce jour fade
M'avait dit le marchand d'amis
- Marchand, je veux vingt camarades
Pour former le cortège et puis
Un festin pour la régalade.
Un petit mort s'en va sous terre
-C'est un enter'ment sous la pluie-
Quel est le matou grabataire
Qui fait ce boucan dans la nuit
Mon Dieu, le pauvre qu'on enterre !
Lazare n'était qu'endormi
Au lit des visites dernières
Un petit mort qui m'était cher
Brouille l'algèbre et l'infini.
Charles Le Quintrec
Les temps obscurs








