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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 00:29
Des anamzeriens ont visité hier un vieux moulin. RV qui n'était pas avec eux, leur a posé cette question : le fils d'un meunier a composé le plus beau poème du monde (à mon avis) sur le thème du moulin. Qui est ce poète, et de quel poème s'agit-il ?

Moulin à marée du Minaouet photo Elga

Voici la réponse :

La meule crisse un jour de crue,
Sans grain, de raison incongrue.
L'aube moussue arrache à l'eau
De longs inutiles lambeaux.
La courroie arque, claque fort
Délivre un geste mécanique.
Réveillons le meunier qui dort,
J'entends grincer dans la garrigue !
L'or nous revient au fruit d'été
Dans le jute chaud ensilé.
Les corps dorés de la moisson
Sont enfouis aux chaumes blonds;
Leurs songes sur un lit de son
Seront en paix jusqu'aux sillons.


Bernard TREBAOL
in Chapeaux de paille
éditions An Amzer 1990


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commentaires

D
OUI... " Chapeau " Trébalot !  Qu'il est beau ton poème...<br /> Les mots claquent, sonores et rythmés comme les courroies du Moulin au labeur..<br /> Magnifique ! Bravo ! Merci !<br /> ( Des mises à jour seraient nécessaires afin de combler quelques lacunes chez Google....... !!! )
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C
Les textes sur les anciens moulin sont toujours très émouvants.  On y sent la nostalgie d'une époque où l'essentiel était encore à la portée de tous....Entendre le moulin, voir tourner ses ailes, le pain était assure...Aujourd'hui, qui se soucie de tout cela? On achète le pain  sans en connaitre le travail, pire, enveloppé dans du cellophane....Oui, le temps des moulins devait être bien agréable...Merci
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R
A coup sûr, si j'avais su que Trébalot fut le fils d'un meunier, j'aurais eu ce poème en tête : mais, ignare que je suis, je pensais aux Moulins morts :On vient d'arrêter le moulinQui chanta, chanta, tout le jour,Son refrain tout blanc, tout câlinEn faisant son œuvre d'amour...Et je suis là, ce soir, mon Dieu !Gisant quelque part, au milieuDu moulin où plus rien ne bruit...Avec mon cœur pareil à lui !...L'odeur du buis, le son du glas,Un temps de neige, un soir d'ivresseM'attristent moins que la tristesseDes moulins qui ne tournent pas !...Les meules ont l'air d'écraserDu silence sous leur torpeur...Et le blutoir ankyloséCrible de la nuit sur mon cœur,Mon cœur déjà si plein de nuitEt que le silence poursuitToujours, toujours, depuis le jourOù finit mon dernier amour...L'odeur du buis, le son du glas,Un temps de neige, un soir d'ivresseM'attristent moins que la tristesseDes moulins qui ne tournent pas !...L'eau coule, pleurant de langueur,Sous la vanne aux bords vermoulus,Comme l'inutile douleurD'un cœur aimant qui n'aime plus...Et ce cœur-là, mon cœur à moi,Sentant sa peine avec effroiEn la douleur morne de l'eau,Vient à crever d'un gros sanglot...L'odeur du buis, le son du glas,Un temps de neige, un soir d'ivresseM'attristent moins que la tristesseDes moulins qui ne tournent pas !...Holà ! clair meunier de l'EspoirQui remets en marche, le jour,Le moulin qui s'arrête au soirComme un pauvre cœur sans amour !...Holà ! déjà l'aube éclaircitLe moulin... et mon cœur aussi !Holà ! holà ! meunier qui dors,Ressuscite les moulins morts !...L'odeur du buis, le son du glas,Un temps de neige, un soir d'ivresseM'attristent moins que la tristesseDes moulins qui ne tournent pas !...Gaston Couté
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Ó
Chapeau (de paille), Trébaol.Voilà un texte qui réveille agréablement le lecteur en ce dimanche matin.RV a probablement raison!Merci et beau dimanche.
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