Juliette Drouet en princesse Negroni par Charles-Emile-Callande de Champmartin 1827, cliquez sur les liens
Empreintes de dentelle qui font surgir du
textile un texte, trame empruntée au réseau
des fils d'Arachné emprisonnant le héro
dans son exil, un linceul sur ce qui n'est plus.
Empreintes de monnaie comme de ces médailles
que l'on garde en souvenir des chers disparus.
Réconfort, alors qu'il faut encor qu'il s'en aille
d'une île à une autre île où quinze ans il vécut.
Empreintes de fougère, arbre calligraphié
rameau par rameau, feuille à feuille, détaillé
par un Micromégas, sur son coin de gazon,
regardant le ver de terre comme un python.
Empreintes de fond de bouteille qu'il a bue,
se consolant de la mort trop tôt survenue
d'un être chéri qu'un vent mauvais emporta,
invisible aux yeux du monde mais toujours là.
Empreintes de doigts, telles celles d'un proscrit,
sur la fiche anthropométrique du migrant
devant quitter les siens pour une autre patrie
ou pour rejoindre celle qu'il aime au Ponant.
Empreintes qu'Hugo va laisser, au Grand Monarque
de Brest, sur la revue soixante d'an amzer
comme une invitation à regarder la mer
avec l'oeil du poète qui toujours embarque.
de Jean-Luc Aotret








