.... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys.
Mourir est moins cruel que ce sort odieux ;
Et je la vis pleurer au moment des adieux.
Elle disait : " Je pars. Partir est chose dure. "
Je lui dis : "Sois heureuse, et va, car rien ne dure.
mais souviens-toi toujours combien je t'ai aimé.
Nous tenant par la main, dans la nuit parfumée,
Nous allions à la source ou rodions dans les landes.
J'ai tressé pour ton cou d'entêtantes guirlandes ;
La verveine, la rose et la fraiche hyacinthe
Nouaient sur ton beau sein leur odorante étreinte ;
Les baumes précieux oignaient ton corps charmant
Et jeune. Près de moi reposant tendrement,
Tu recevais des mains des expertes servantes
Les mille objets que l'art et la mollesse inventent
Pour parer la beauté des filles d'Ionie......
traduction de Marguerite Yourcenar
extrait de l'anthologie " Quand les femmes parlent d'amour " de F. Chandernagor








