Je crus à la fierté d'un certain déshonneur,
Aux ferveurs du vermouth, aux rêves des lanternes,
A ce rouge as d'amour, à ce riche as de coeur
Beau comme l'incendie, l'échafaud, les casernes..
J'ai chéri les printemps peints sur les murs des bars,
Entre les miroirs purs et le bruit des fontaines,
Aimé, par les soirs doux, humectés de brouillard,
L'absinthe au fifre vert qui secourait Verlaine.
(...)
Je crus, vraiment, à l'héroïsme des bastringues,
Aux batailles d'azur des punchs et des ballons,
A la séduction foraine des meringues,
Aux acides amours, frais comme des citrons.
(...)
J'étais fière d'avoir pris l'infâme défroque
Afin de t'étonner, ô mon mauvais garçon,
Et d'avoir surpassé la bravade équivoque
Qui luit de ton oeil jaune à ta jeune chanson.
(...)
Crois tu ? Quel romanesque ! Et j'étais si sincère...
J'ai cru que c'était vrai, bien vrai, toi, moi et nous,
Les hottes de lilas au dos de la misère,
Les astres du manège au fond des yeux jaloux..
(...)
Il pleut. Ma porte est close, et .. Madame est servie !
Que tu es loin ! Je peux ne jamais te revoir.
J'entends les pas des bons bourgeois, sur le trottoir.
Une Ombre sans éclat me dit " je suis la Vie.."
D'humbles, de tristes voix crient les journaux du soir.








