pour en savoir plus sur l'auteur cliquez sur l'image D'un bouquet d'oeillets gris et rouges Ces six oeillets mêlés en cette guise Vous sont par moi ce matin envoyés, Pour vous montrer, par ceux de couleur grise, Que j'ai du mal plus que vous n'en croyez ; Vous suppliant que vous y pourvoyiez, Les rouges sont plainte en l'autre moitié, Non point de vous, mais du Dieu sans pitié Qui de mon sang prend vie et nourriture ; Et tous ensemble, ayant de leur nature Brève saison, vous portent ce message Que la beauté est un bien qui peu dure, Et que qui l'a la doit mettre en usage.
Inédit de Gilles Baudry suite au quiproquo survenu lors de ladisparition d'un de ses homonymes :
gisant du chanoine Traonelorn de Kerautret dans la cathédrale de saint Pol de Léon photo Jalm pour deux mots sur l'auteur cliquez sur le gisant
Passé pour mort es-tu certain d'être vivant?
Ta silhouette n'est peut-être que le profil perdu de celui-là que tu aurais pu être dans une autre vie
qui sait si ton ombre portée n'est pas ton double ton sosie par procuration
si tu n'es pas un revenant dans ton sommeil de faux gisant qui te façonne à ton insu une posture d'immortel arraisonnant ton rêve immense et simple de porter chaque jour plus haut le chant de ta partition d'homme sur la terre.
rosier du site de Quinipily dans les landes de Lanvaux photo Jalm pour en savoir plus sur un buveur de sang de Valachie cliquez sur l'image Les roses, les roses du jardin En ont piqué plus d'un
C'est à la fin de la journée Que les roses vont dîner
Elles attrapent par le bras Celles et ceux qui passaient là
Elles s'abreuvent du sang chaud De Colombine et de Sancho
Toute la nuit le grand rosier Se penche et boit à leur gosier
Mais au petit matin Les roses, les roses n'ont plus faim
le nouveau recueil de Chantal pour découvrir l'univers de l'auteur cliquez sur la rose
Oiseau d'un autre monde, au plumage sans couleurs Ton chant se fait entendre à ceux qui ont le coeur ouvert aux impressions d'un univers de rêve Mais combien apprécient ton ardeur sans trêve...
pour découvrir les rêves de pierre cliquez sur l'image
Au bord de nos rivages l'avidité fit couler à pic bien des embarcations la vénalité fit sombrer plus d'un fier bateau pour qui la chasse fabuleuse s'est achevée au fond de l'eau
Le sculpteur lui le sait le trésor est dans la pierre
Olivier Cousin (poème) et Jean-Pierre Blaise (estampe) Rêves de pierre, 2007 éditions Label LN (Ploudalmézeau)
Poétickets écrits et lus par les poètes, grands et petits. Tickarts. Double tickart pour Mazarine et tickarnivore. Abribus multicolore. Gâteau du Fournil de Lambé. Applaudissements redoublés d'Elodie et Kelly. Rêve de François Cogan.
La Tour de Babelpar Pieter BRUEGEL l'ancien1563 Kunsthistorisches Museum, Vienne cliquez sur l'image
bâtir une tour de pierre et d'espoir l'orgueil et la brique le blanc sur le noir faire jaillir de la boue un rêve lancinant lancé contre le ciel pour longtemps
Quelle admirable journée ! Le vaste parc se pâme sous l'oeil brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l'Amour. L'extase universelle des choses ne s'exprime par aucun bruit ; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différente des fêtes humaines, c'est ici une orgie silencieuse. On dirait qu'une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets ; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l'azur du ciel par l'énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l'astre comme des fumées. Cependant, dans cette jouissance universelle, j'ai aperçu un être affligé. Aux pieds d'une colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l'Ennui les obsède, affublé d'un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l'immortelle Déesse. Et ses yeux disent: - "Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle Beauté ! Ah! Déesse ! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire !" Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.
Charles Baudelaire (1821-1867)
Le Spleen de Paris Repris en 1864 sous le titre Petits poèmes en prose