21 octobre 2008
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auteur née une année en 8 :
cimetière de Ouessant photo Jalm
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Ôtez la rouille et il se formera un vase très pur
Hélas ! mon coeur est plein de rouille,
Que cause ma propriété :
Si j'ai de vos dons, je les souille ;
Mettez-le, Mon Seigneur, dans votre vérité.
Ah ! faites-le passer sous la meule avec l'eau ;
N'épargnez point les coups, mais lavez son ordure ;
Non, ce n'est pas assez ; formez-en un nouveau
Qui n'ait plus rien de l'humaine nature.
Vous avez un moyen qui me paraît plus court :
Mettez-le dans votre fournaise,
Daignez le consumer du feu de votre amour ;
Il fera plus d'effet que la plus forte braise.
Mes yeux fourniront assez d'eau
Pour laver mon coeur infidèle :
Mais, ô divin Amour, sans ce sacré fourneau
Il pourra contracter des souillures nouvelles.
Jeanne-Marie GUYON (1648-1717)
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né une année en 8
12 septembre 2008
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anse du Relecq-Kerhuon photo Elga
pour en savoir plus sur l'auteur cliquez sur l'image
L'automne suit l'Esté et la belle verdure
Du printemps rajeuni est ensuvant l'yver,
Tousjours sur la marine on ne voit estriver
Le North contre la nef errante à l'aventure,
Nous ne voyons la Lune estre tousjours obscure ;
Ainsi comme un croissant on la voit arriver ;
Toute chose se change au gré de la nature,
Et seul ce changement je ne puis esprouver :
Un an est jà passé, et l'autre recommence,
Que je suis poursuyvant la plus belle de France
Sans avoir eschangé le courage et le cueur
Qui fait qu'oresnavant je ne me veux fier
A celuy qui a dict, comme asseuré menteur,
Qu'on n'est pas aujourdhuy ce qu'on estoit hier.
Jacques GRÉVIN (1538-1570)
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né une année en 8
4 septembre 2008
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auteur né une année en 8 :
jardin privé de Landévénnec photo Jalm
pour découvrir un véritable jardin exotique cliquez sur les boutons
Dans la terre torride, une plante exotique
Penchante, résignée : éclos hors de saison
Deux boutons fléchissaient, d'un air grave et mystique ;
La sève n'était plus pour elle qu'un poison.
Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S'évaporer l'effluve âcre d'un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j'étais sourd.
Dans la chambre, autre fleur, une femme très pâle,
Les mains lasses, la tête appuyée aux coussins :
Elle s'abandonnait : un insensible râle
Soulevait tristement la langueur de ses seins.
Remy de GOURMONT (1858-1915)
(Recueil : Les divertissements)
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né une année en 8
29 août 2008
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né une année en 8 :
cloître de l'abbaye de Daoulas photo Jalm
pour en savoir un peu plus sur ce cloître cliquez sur la vasque
Carite pour jamais a quitté ces fontaines,
Où ses yeux faisaient voir deux soleils dans les eaux.
Voilà bien le rivage, où parmi les roseaux,
Les zéphirs, pour l'ouïr, retenaient leurs haleines.
Voilà bien les forêts, dont les cimes hautaines
Semblaient porter sa gloire aux célestes flambeaux.
Mais ces lieux autrefois si plaisants et si beaux
N'ont plus de ses beautés que des images vaines.
Délices de mes jours, quel est votre destin ?
Vous passez comme fleurs, qui durent un matin,
Et laissez après vous des douleurs éternelles,
Douleurs, qui des plaisirs imitant les appas,
Peuplent tous ces déserts d'ombres claires et belles,
Et me font voir Carite, où Carite n'est pas.
Jean Ogier de GOMBAULD (1588-1666)
(Recueil : Sonnets de Carite)
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né une année en 8
7 juillet 2008
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né une année en 8 :
la mare de Coat Coff à Guidel photo Jalm
Le mauvais jardinier
Dans les jardins d'hiver des fleuristes bizarres
Sèment furtivement des végétaux haineux,
Dont les tiges bientôt grouillent comme les noeuds
Des serpents assoupis aux bords boueux des mares.
Leurs redoutables fleurs, magnifiques et rares,
Où coulent de très lourds parfums vertigineux,
Ouvrent avec orgueil leurs vases vénéneux.
La mort s'épanouit dans leurs splendeurs barbares.
Leurs somptueux bouquets détruisent la santé
Et c'est pour en avoir trop aimé la beauté
Qu'on voit dans les palais languir les blanches reines.
Et moi, je vous ressemble, ô jardiniers pervers !
Dans les cerveaux hâtifs où j'ai jeté mes graines,
Je regarde fleurir les poisons de mes vers.
Iwan GILKIN (1858-1924)
(Recueil : La nuit)
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né une année en 8
1 juillet 2008
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né une année en 8 :
parc du château de Trévarez photo Jalm
Alors les fleurs croissaient dans la verte prairie ;
Dans un ciel glorieux triomphait le soleil ;
Des songes printaniers erraient dans mon sommeil.
Le ciel n'était pas froid, l'eau n'était pas tarie,
Alors. - Mais aujourd'hui tout est morne et glacé ;
Le coeur est desséché, la nature est flétrie...
Où sont les rêves du passé ?
Soleil, tu nous rendras tes splendeurs matinales ;
Astres, vaisseaux du ciel, vous voguerez encor.
Jours d'azur de juillet, verts coteaux, moissons d'or,
Horizon du Léman, vieux mont, Alpes natales,
Je voudrais vous revoir, vous, mon ancien trésor !...
Ô rives de mon lac, je croyais à la gloire ;
D'avenir et d'espoir l'amour m'avait bercé.
L'amour ! Je n'y crois plus ; mon coeur est délaissé.
La gloire me dédaigne... Oublie, ô ma mémoire,
Les tristes rêves du passé.
Jacques-Imbert GALLOIX (1808-1828)
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né une année en 8
22 juin 2008
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A Hacques Pelletier, poète venu en Languedoc
Vu que tu es en ce pays venu,
Gentil esprit, grandement je m'étonne,
Que l'olivier qui ces champs environne
N'ait pas le son de tes vers retenu.
Comme le luth en la Thrace connu,
Tira les rocs : si ta muse résonne,
Elle ravit la région qui tonne,
Et le grand faix par Atlas soutenu.
Je tenais hier ton livre entre mes mains,
0ù sont les arts plus ornés, mis et peints,
Mais vers le soir Phébus, qui l'aime lire,
Le m'emprunta, pour accorder les Muses
Et les doux chants où parfois tu t'amuses
Avec le son de la céleste lyre.
Etienne FORCADEL (1518-1573)
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né une année en 8
22 mai 2008
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né une année en 8 :
Le Cimiez Nice photo Jalm
Le soir fait palpiter plus mollement les plantes
Autour d'un groupe assis de femmes indolentes
Dont les robes, qu'on prend pour d'amples floraisons,
A leur blanche harmonie éclairent les gazons.
Une ombre par degrés baigne ces formes vagues ;
Et sur les bracelets, les colliers et les bagues,
Qui chargent les poignets, les poitrines, les doigts,
Avec le luxe lourd des femmes d'autrefois.
Du haut d'un ciel profond d'azur pâle et sans voiles
L'étoile qui s'allume allume mille étoiles.
Le jet d'eau dans la vasque au murmure discret
Retombe en brouillard fin sur les bords ; on dirait
Qu'arrêtant les rumeurs de la ville au passage,
Les arbres agrandis rapprochent leur feuillage
Pour recueillir l'écho d'une mer qui s'endort
Très loin au fond d'un golfe où fut jadis un port.
Léon DIERX (1838-1912)
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né une année en 8
18 mai 2008
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née une année en 8 :
Voile d'Iris photo Jalm
Entre deux draps de toile belle et bonne,
Que très souvent on rechange, on savonne,
La jeune Iris, au coeur sincère et haut,
Aux yeux brillants, à l'esprit sans défaut,
Jusqu'à midi volontiers se mitonne.
Je ne combats de goûts contre personne,
Mais franchement sa paresse m'étonne ;
C'est demeurer seule plus qu'il ne faut
Entre deux draps.
Quand à rêver ainsi l'on s'abandonne,
Le traître amour rarement le pardonne :
À soupirer on s'exerce bientôt :
Et la vertu soutient un grand assaut,
Quand une fille avec son coeur raisonne
Entre deux draps.
Antoinette DESHOULIÈRES (1638-1694)
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né une année en 8
11 mai 2008
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vallée du Kam photo Elga
Le doux printemps revient, et ranime à la fois
Les oiseaux, les zéphirs, et les fleurs, et ma voix.
Pour quel sujet nouveau dois-je monter ma lyre ?
Ah ! Lorsque d'un long deuil la terre enfin respire,
Dans les champs, dans les bois, sur les monts d'alentour,
Quand tout rit de bonheur, d'espérance et d'amour,
Qu'un autre ouvre aux grands noms les fastes de la gloire ;
Sur un char foudroyant qu'il place la victoire ;
Que la coupe d'Atrée ensanglante ses mains :
Flore a souri ; ma voix va chanter les jardins.
Je dirai comment l'art, dans de frais paysages,
Dirige l'eau, les fleurs, les gazons, les ombrages.
Toi donc, qui, mariant la grace et la vigueur,
Sais du chant didactique animer la langueur,
Ô muse ! Si jadis, dans les vers de Lucrèce,
Des austères leçons tu polis la rudesse ;
Si par toi, sans flétrir le langage des dieux,
Son rival a chanté le soc laborieux ;
Viens orner un sujet plus riche, plus fertile,
Dont le charme autrefois avoit tenté Virgile.
N'empruntons point ici d'ornement étranger ;
Viens, de mes propres fleurs mon front va s'ombrager ;
Et, comme un rayon pur colore un beau nuage,
Des couleurs du sujet je tiendrai mon langage.
L'art innocent et doux que célèbrent mes vers,
Remonte aux plus beaux jours de l'antique univers.
Jacques DELILLE (1738-1813)
(Les jardins, Chant 1)
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