Le pont de Nihonbashi "cents vues d'Edo" Ukiyo-e d'Hiroshige, cliquez sur l'image
Ah, les giboulées,
qui nous ont tant enfermés,
se sont arrêtées !
Tankaphère sors, mon chat,
si silencieux ce soir !
Dông Phong
Pour fêter le printemps Ólöf propose que nous nous amusions avec le "tanka", une forme de poésie médiévale japonaise que nous avons déjà utilisée en septembre 2008 dans un jeu appelé "le contantaka" et à l'occasion duquel Michèle, Dông Phong et Trébalot avaient été publiés sur un marque-page (que je vous invite à redécouvrir ici) édité par le salon du livre du Relecq-Kerhuon sur le thème : "l'art du bonheur". Cette fois, notre amie islandaise a imaginé un nouveau défi qu'elle a baptisé "le tankaphère" et dont elle fournit, ci-dessous, la règle en même temps que l'exemple :
on fait un haiku
tankaphère* on y ajoute
deux fois sept syllabes
pour obtenir, le savez-vous ?
un tanka chantant dansant**
* L'expression française "tant qu'à faire" est utilisée couramment pour signifier que : "puisqu'on est en train de faire une chose autant en faire une seconde en rapport avec la première".
** L'allitération est la répétition d'un phonème consonantique, elle a une fonction rythmique.
Tout le monde n'ayant pas participé au précédent jeu de 2008 et ne sachant pas forcément ce qu'est un haïku, je me permets de détailler la règle comme il est d'usage dans les jeux poétiques de Temps-Pestif.
règle : sur le thème du printemps, composez un quintil (strophe de cinq vers) avec ou sans rime dont le mètre (nombre de pieds) des vers alterne ainsi : 5,7,5,7,7. Glissez où vous voulez l'expression " tant qu'à faire " que vous écrirez "tankaphère" comformément au néologisme d'Ólöf, faîtes en sorte que le dernier vers comporte le plus d'allitérations possible et vous obtiendrez un petit poème du même nom comme celui-ci :
Jardins du temple à Nippori "cents vues d'Edo" Ukiyo-e d'Hiroshige, cliquez sur l'image
le pic annonçant
une giboulée de mars
tankaphère rit
goguenard du promeneur
parti sans son parapluie
de Jean-Luc Aotret
Tenez vos plumes comme des créateurs d'estampes pour composer vos tankas comme les plus beaux des Ukiyo-e. Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
pont de Normandie photo YLT, cliquez sur l'image
Toi l'oiseau bleu aux ailes frêles
Quand donc te décideras-tu
A t'envoler à tire-d'ailes
Toi l'oiseau bleu aux ailes frêles
Sorti des contes, où, fidèle,
La belle a l'âme bien déçue
Toi l'oiseau bleu aux ailes frêles
Quand donc te décideras-tu ?...
Annie
Janus est parti pour quelques jours compter le ponts de la Sérénissime, cela ne vous empêche pas de continuer à laisser vos création dans les commentaires Trébalot sera éventuellement en faire bon usage pour le 17 avril jour de l'inauguration du nouveau pont de Trérénez, merci à tous pour vos superbes contributions Ciao !
viaduc de Millau photo Marc Le Gall, cliquez sur l'image
Tel un grand navire immobile
Et ses haubans bravant le vent
Il nous relie à la presqu'île
Tel un grand navire immobile
En surplombant les eaux tranquilles
Donne une âme neuve au ponant
Tel un grand navire immobile
Et ses haubans bravant le vent
Katell
pont Long Biên (anciennement pont Doumer) de Hanoi photo HUNG, cliquez sur l'image
Je voudrais hisser des haubans
Pour jeter une passerelle
Entre ici et mon pays d’antan,
Je voudrais hisser des haubans.
Mon âme depuis si longtemps
Rêve de sa terre lointaine,
Je voudrais hisser des haubans
Pour jeter une passerelle.
Dông Phong
nouveau pont de Térénez photo Jalm, cliquez sur l'image
Lyre moderne tu fais chanter
L'âme du vent dans tes haubans
Et quand la nuit enfin tombée
Lyre moderne tu fais chanter
Les fantômes des naufragers
Qui émergent des flots béants
Lyre moderne tu fais chanter
L'âme du vent dans tes haubans !...
Annie
les deux ponts de Térénez photos Jalm, cliquez sur l'image
Du Ménez Hom j'ai vu deux ailes,
Deux ailes blanches sur l'Aulne bleue,
Des haubans jouant les gratte-ciels,
Un tablier blanc, des dentelles,
D'en haut j'ai vu une hirondelle,
Mais c'était bien un pont, parbleu !
Du Ménez Hom j'ai vu deux ailes,
Deux ailes blanches sur l'Aulne bleue.
Michèle