masque de l'opéra chinois, cliquez sur l'image
Jean qui rit, Jean qui pleure,
le masque aide l'acteur qui feint
ce que l'humeur a peint
au front de l'être humain, un jour.
de Jean-Luc Aotret
Ce mois-ci, c'est à nouveau notre ami Dông Phong qui nous propose de nous amuser poétiquement en nous inspirant de la prosodie traditionnelle vietnamienne dite des « six-huit » (pieds).
Gửi con cóc (Au crapaud)
Con cóc là cậu Ông Trời (Br1),
Cóc mày sao lại dở hơi (Br1) thế này (Br2),
Để cho một đảng phây phây (Br2)
Độc tài thô bạo lên thay (Br2) cháu mày (Br3)
Cóc ơi, tỉnh dậy đi ngay (Br3)
Giúp loài ếch nhái ngày mai (Br3) ‘‘cóc cần’’ (Br4)
Nhịn bao điều thối hơn phân (Br4)
Mà không phải sợ công an (Br4) làm phiền (Br5)
Cette forme poétique est composée de couples d’hexamètres et d’octosyllabes successifs, dans lesquels les tons ont des positions bien fixées, ainsi que leurs rimes caudales et dorsales alternées. Elle paraît compliquée, mais elle est très populaire au Viêt Nam car facile à composer et à mémoriser grâce à son rythme et sa musique, même pour des illettrés : on la trouve depuis les distiques satiriques anonymes (vè) qui se créent chaque jour, et qui font le tour du pays en très peu de temps, jusqu’aux romans versifiés de plusieurs milliers de vers. Bien sûr, il est impossible de transposer cette prosodie unique en français. Mais nous pouvons essayer d’en récupérer une partie dans ce jeu poétique, que notre ami nous propose sous le nom de « Viêtam æternam ».
Règle : sur le thème du rire composez un quatrain (strophe de quatre vers) composé alternativement d’hexamètres (vers de six pieds) et d’octosyllabes (vers de huit pieds), avec trois rimes abc que vous placerez dans les positions proposée par le schéma suivant, la rime c restant orpheline :
1 2 3 4 5 a
1 2 3 4 5 a 7 b
1 2 3 4 5 b
1 2 3 4 5 b 7 8(c)
Vous obtiendrez ainsi un "viêtam æternam" comme celui-ci :
masque de l'opéra chinois, cliquez sur l'image
Comme j’aurais aimé
Chez moi vous inviter à faire,
Mes très chers sœurs et frères,
Deux rimes légères pour rire.
Dông Phong
Bien sûr, vous pouvez continuer en écrivant plus que quatre vers si le cœur vous en dit !
Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
église saint Houardon de Landerneau photo Jalm, cliquez sur l'image
Grace au talent d’observateur,
Un ébaudi d’architecture
Rustique, mirait le labeur
Graveleux, d’antiques sculptures.
Usant, à-propos, du larmier,
Le zingueur courant satisfaire
Illico, son besoin primaire,
Oignit, d’un jet, notre officier.
Alain
A priori voici l'ultime gurgulio de la saison :
église saint Houardon de Landerneau photo Jalm, cliquez sur l'image
Grotesques cris, vous défendez
Un sanctuaire des démons
Répugnants qui après s'en vont
Gênés, mais fiers, loin des clochers.
Usurpant vos masques vils de
Léviathans, dragons ou chimères,
Ils redeviennent les hideux
Occupants de tous nos enfers.
de Jean-Luc Aotret
Un grand MERCI pour vos contributions toutes aussi géniales les unes que les autres, car je reconnais que cette fois-ci, le jeu n'était pas si simple...
Janus
église saint Houardon de Landerneau photo Jalm, cliquez sur l'image
Goitre enchâssé dans un chéneau
Une goutte à son nez crochu
Regardez haut ce laid barbeau
Grimé d’un vieux grain vermoulu
Urbi et orbi Monseigneur
Le diable est pétrifié de peur
Imprécateur égosillé
Outre d’enfer au ciel noyé
Trébalot
à Fontainebleau photo JJB, cliquez sur l'image
Gorgones et autres sirènes
Utilement statufiées
Résurgences de fois anciennes
Gouttant les eaux en chapelets.
Unies dans votre humble torpeur
Lasses, jamais, de votre tâche,
Ivres de pluie et de ferveur
Ô monstres à vous on s'attache !...
Annie
église saint Houardon de Landerneau photo Jalm, cliquez sur l'image
Gouttière de toute élégance,
Ubiquité de grosse pluie,
Raclant gorge pleine de suie,
Gicle l'eau en trombes, en transes,
Urètre de cathédrale,
Loup-garou, sombre vestale,
Igniphage bestiaire
Observant, plus bas, la Terre.
Ólöf