le triomphe de Flora G B Tiepolo, cliquez sur l'image
Zéphir n’est pas bégueule
Qui sous les voiles souffle
Soulevant les linceuls
Des collants à l’esbroufe
Zéphir n’est pas bégueule
Qui sous les voiles souffle
En un feulement veule
Sur des fleurs qui s’essoufflent
Zéphir n’est pas bégueule
Qui sous les voiles souffle
Alain
Chloris nymphe des îles Fortunées, aujourd'hui "les Canaries", est devenue chez les romains la déesse Flora ou Flore qui a donné le nom de Fleur en français. C'est en mai que fut célébré son hymen avec Zéphyr le vent d'Ouest qui l'a ravie pour en faire son épouse et la reine des fleurs. En l'honneur de Flora les sabins instituèrent la tradition des jeux floraux dont le consistoire du gai savoir de Toulouse deviendra l'héritier en 1323... Mais bien au-delà de cette filiation, les poètes de tous les temps n'ont jamais cessé de célébrer les deux époux dans leurs évocations du printemps.
Je vous invite donc en ce mois de mai 2012 à nous inscrire à nouveau dans cette tradition en nous amusant à écrire sur cette thématique. A cette fin, je vous propose de redécouvrir "la petite bergerette" cette forme poétique médiévale que nous avons déjà utilisée il y a 5 ans sur ce même blog !...
règle : Composez un poème formé de cinq strophes de deux vers (distiques) de six pieds (hexamètres) avec deux rimes, la première strophe jouant le rôle de refrain en troisième et en cinquième position. Glissez y où vous voudrez les mots Fleur (Flore ou Flora) et Zéphyr et vous obtiendrez ce que j'appellerais bien un "Florigramme" tel que celui-ci :
extrait de la Primavera de Sandro Botticelli 1477, cliquez sur l'image
Flore a quitté son île
emportée par des ailes
celles d'un vent agile
sans aucune querelle
Flore a quitté son île
emportée par des ailes
Zéphyr n'est pas hostile
il est amoureux d'elle
Flore a quitté son île
emportée par des ailes
de Jean-Luc Aotret
Laissez-vous à votre tour porter sur les ailes de ce vent printanier pour trouver ce verger d'inspiration qu'a si bien peint Sandro Botticelli. Vous êtes bien entendu instamment conviés à glisser vos créations et vos appréciations dans les commentaires.
Voici pour terminer ce jeu qui me laissera orphelin de ma muse préférée, le coup double de notre ami de la terre lointaine :
garde-corps en fonte photo JJB, cliquez sur l'image
Un corbeau haut perché, sans aucun garde-corps,
Se délecte seul d’un fromage qui sent fort,
Si fort qu’il réveille maître renard qui dort :
- Hé, crie-t-il, c’est mauvais pour ton parfait ramage!
- Mais, malin renard, tu me prends pour un nigaud,
Même sans garde-corps, je reste perché haut
Pour festoyer tout seul, dussé-je chanter faux,
Répond le corbeau qui connaît certaine fable.
Dông Phong
un grand MERCI à tous pour votre participation et votre intarissable créativité