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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 01:00
Le châle blanc des mères de la place de Mai, peint sur le sol de la place de Mai Buenos Aires

Le châle blanc des mères de la place de Mai, peint sur le sol de la place de Mai Buenos Aires

Pour la journée de la femme, pour toutes les femmes et toutes leurs luttes 

 

 

 

La femme à la langue meurtrie
Lasse d’égrener l’exil
La femme à la langue scellée
Lasse de prévoir les ghettos
Surprennent dans l’exil de leurs fils
L’aiguillon de la haine
Les fièvres du talion

 

Pourtant
Dans la sagesse de leur sang millénaire
Dans l’espérance d’un sang pour vivre
Dans le secret d’un sang
Où s’abreuvent mêmes racines
S’ébranle le souffle de l’alliance
Et des promesses à venir

 

Elles vont                 Elles iront
Dans le futur qu’elles nomment
Ces femmes sans frontières
Au présent dévasté.

 

 

Andrée CHEDID

Territoires du souffle - Poésie / Flammarion


illustration : les mères de mai

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 01:00
Le coeur

Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles, 
Vous êtes un jardin où les quatre saisons 
Tenant du buis nouveau, des grappes de groseilles 
Et des pommes de pin, dansent sur le gazon... 
- Sous les poiriers noueux couverts de feuilles vives 
Vous êtes le coteau qui regarde la mer, 
Ivre d'ouïr chanter, quand le matin arrive, 
La cigale collée au brin de menthe amer.
- Vous êtes un vallon escarpé ; la nature 
Tapisse votre espace et votre profondeur 
De mousse délicate et de fraîche verdure. 
- Vous êtes dans votre humble et pastorale odeur 
Le verger fleurissant et le gai pâturage 
Où les joyeux troupeaux et les pigeons dolents 
Broutent le chèvrefeuille ou lissent leur plumage. 
- Et vous êtes aussi, coeur grave et violent, 
La chaude, spacieuse et prudente demeure 
Pleine de vins, de miel, de farine et de riz, 
Ouverte au bon parfum des saisons et des heures, 
Où la tendresse humaine habite et se nourrit...

 

Anna de Noailles

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 18:42
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Ce dimanche je vous invite à écouter

Louise Dupré 

installez vous dans votre fauteuil

cliquez sur le lien ci dessous et ouvrez vos oreilles 

 

" Chaque poème est un automne "

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 01:00
Eau de vie, Au-delà

Louise de VILMORIN

 

Eau-de-vie ! Au-delà !

À l’heure du plaisir,

Choisir n’est pas trahir,

Je choisis celui-là.

 

Je choisis celui-là

Qui sait me faire rire,

D’un doigt de-ci, de-là,

Comme on fait pour écrire.

 

Comme on fait pour écrire,

Il va par-ci, par-là,

Sans que j’ose lui dire:

J’aime bien ce jeu-là.

 

J’aime bien ce jeu-là,

Qu’un souffle fait finir,

Jusqu’au dernier soupir

Je choisis ce jeu-là.

 

Eau-de-vie ! Au-delà !

À l’heure du plaisir,

Choisir n’est pas trahir,

Je choisis celui-là.

 

1937

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 01:00
 Passe, rêve et souris...

Marie Dauguet 

 

 

 

Passe, rêve et souris, surtout nulle pensée !

 

Evite le secret qui dort au banc de mousse,

 

Les pieds nus dans la source où son ombre s'émousse,

 

Evite le secret qui parle à ta pensée.

 

 

 

Sois l'instinct fleurissant l'âme errante du loup.

 

Vogue et rôde et mélange au chalumeau discord

 

Du vent si bucoliquement faux, ton accord.

 

Sous les ronciers déserts, cherche l'âme du loup.

 

 

 

***

 

 

 

Garde-toi de palper les murailles du cloître,

 

N'essaie pas d'ouvrir les portes verrouillées,

 

Mais, pour mieux oublier, jette ces clefs rouillées,

 

Jette avec ta douleur ces clefs au puits du cloître.

 

 

 

Reste l'inconscient, pèlerin pauvre et nu,

 

Dont les rustiques doigts brûlent des manuscrits,

 

Et, pour n'en pas pleurer, ignore tous les cris

 

Qu'ont poussés tant de coeurs brisés vers l'Inconnu.

 

 

 

Sois le désir sans aile et l'espalier sans vigne 

 

Sois un peu de néant que le néant épie,

 

S'écoulant à travers la nature assoupie,

 

Sois cet hôte sans lendemain qui se résigne

 

 

 

A n'être qu'un néant que le néant épie.

 

 

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 01:00
La vie

Hélène Picard

 

Je crus à la fierté d'un certain déshonneur,

Aux ferveurs du vermouth, aux rêves des lanternes,

A ce rouge as d'amour, à ce riche as de coeur

Beau comme l'incendie, l'échafaud, les casernes..

 

J'ai chéri les printemps peints sur les murs des bars,

Entre les miroirs purs et le bruit des fontaines,

Aimé, par les soirs doux, humectés de brouillard,

L'absinthe au fifre vert qui secourait Verlaine.

(...)

Je crus, vraiment, à l'héroïsme des bastringues,

Aux batailles d'azur des punchs et des ballons,

A la séduction foraine des meringues,

Aux acides amours, frais comme des citrons.

(...)

J'étais fière d'avoir pris l'infâme défroque

Afin de t'étonner, ô mon mauvais garçon,

Et d'avoir surpassé la bravade équivoque

Qui luit de ton oeil jaune à ta jeune chanson.

(...)

Crois tu ? Quel romanesque ! Et j'étais si sincère...

J'ai cru que c'était vrai, bien vrai, toi, moi et nous,

Les hottes de lilas au dos de la misère,

Les astres du manège au fond des yeux jaloux..

(...)

Il pleut. Ma porte est close, et .. Madame est servie !

Que tu es loin ! Je peux ne jamais te revoir.

J'entends les pas des bons bourgeois, sur le trottoir.

Une Ombre sans éclat me dit " je suis la Vie.."

 

D'humbles, de tristes voix crient les journaux du soir.

 

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 01:05
Les séparés

Marceline Desbordes-Valmore

 

N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.
N'écris pas !

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 01:00
Les femmes aussi

" Les femmes aussi " est une nouvelle rubrique qui paraitra tous les dimanches 

ce titre est un clin d'oeil à Eliane Victor qui animait une émission sur le quotidien des femmes , assez avant gardiste même si elle ne put aborder tous les sujets pourtant si spécifiques aux femmes ! 

Vous trouverez donc dans cette rubrique uniquement des poèmes écrits par des femmes, 

j'espère que vous prendrez plaisir à lire, découvrir ou redécouvrir ces auteures  ... (tiens, le correcteur orthographique souligne le mot auteure ...)

 

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L'univers d'An Amzer

 

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