7 janvier 2018
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A travers le sourire des rideaux
la lumière a réussi à s'immiscer
pour dénoncer la poussière qui danse
et celle qui se repose après son vol
captée en flagrant délit
de s'allonger dans une fainéantise délicieuse
sur la surface des choses
et sur ma peau
La poussière
une voyageuse comme moi
une immigrante comme moi
qui, malgré tout, ne s'enracine nulle part
Sans patrie
elle vient de tous les horizons
portée sous l'aisselle du vent
Le vent la ramasse avec son balai
avec sa chevelure épaisse
ou avec ses mains
Il la sème là où personne ne la soupçonne
Il la sème même dans le tiroir secret
du coeur
Maram al-Masri
Extrait du recueil : La robe froissée
Editions Bruno Doucey - collection : "l'autre langue"
* titre donné par Temps Pestif
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31 décembre 2017
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La lluvia iba cayendo
Triste y fria sobre el campo
Las nubes iban coriendo
Pegasus huyendo tràs el cielo.
Era un dia de invierno
Triste y frio sobre el campo,
Era un dia de invierno
Y las nubes iban coriendo.
La pluie tombait
Triste et froide sur la campagne
Les nuages couraient
Pégases fuyant à travers le ciel.
C'était un jour d'hiver
Triste et froid sur la campagne,
C'était un jour d'hiver
Et les nuages couraient
A travers le ciel
Rose Sébillet
Recueil : Vagabondages
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26 novembre 2017
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A cœur ouvert
Notre vie
Comme un livre
Elle fut dictée
D’avance
Disais-tu
Avec le pâle effroi
D’un enfant qui s’étonne
Mais j’inverse les pages
Je déchire le temps
Car tes paroles s’illimitent
Dans le désordre de la grâce
Que m’importe l’histoire
Ses lettres de cachet
C’est aujourd’hui
Le feu la neige
Et l’écriture de ton corps
C’est aujourd’hui
Que tu m’arrives
D’un pays sans frontières
Et sans commencement
Hélène Cadou
extrait de "Poèmes du temps retrouvé" édition : Rougerie
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19 novembre 2017
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[DANS TOUTE COMBE]
Dans toute combe,
ce sentiment de traverser un petit pays,
comme si la rivière avait creusé pour protéger,
on y reçoit presque des confidences,
les prés, les arbres, les champs étroits font monter leur
voix, leur silence,
sur le chemin de Carlucet, de Gavaudun
constellé de cardamines.
De part et d’autre de la route, les ombellifères
au pied des frênes ruisselants de lumière,
leurs premières feuilles comme des promesses,
vallée de l’Aveyron toujours envoûtante,
elle commence vraiment à Montricoux,
elle s’ouvre en nous,
puis nous montons vers Penne,
les chênes du causse ont mis leurs feuilles,
nous parlons finalement de choses et d’autres,
du temps qui s’accélère,
de la jeunesse où ça ne comptait pas d’avoir la vie
devant soi,
on n’y pensait pas.
[…]
Josette Ségura, Jours avec, Éditinter, Collection poésie, 2017
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12 novembre 2017
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Quand s’agenouillent les glycines
C’est que le vent mauvais
Pose des mots trop lourds
Aux épaules
Hume donc l’opium des bourres de pissenlit
Eteindre le bruit sec
Des pas gallinacés
Et les tours de crécelle
Respire respire
La poétique courbure
Du silence
A t’en souvenir
Eve de Laudec 4/17
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25 juin 2017
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A la femme qui a trop
souvent courbé l’échine
allez allez
trime trime et trime
à la femme qui déplut
à lui affairé à sa boutique
qui un jour la trouva
en panne de sex appeal
avec torchons soucis au front
roses rouges jamais
que les épines
à la femme qui a trop
trimé trimé
et trime encore
allez allez
trime trime et trime
à la femme qui éleva
enfants lava habits
fit devoirs et dressa
tant de tables
qui sa passion d’histoire
de l’art laissa dehors
à celle qui belle encore
mais sans regard
pour l’aimer
trima trima trima
et trime encore
à la femme qui m’apprit
à trimer trimer ah trime
trime pour lui trime pour eux trime
trime trime pour elles
et parfois j’enlève
un peu le t
reste rimer
je rime je rime
pour lui pour toi
pour elle
pour la femme
qui la rime
de trime
m’apprit aussi
et que tant j’aime
autour d’un thé
temps suspendu
à partager
ces mots en rimes
libres
en vers ouverts
du 8 mars
à toi
à celles
qui te
ressemblent
je les dédie
allez allez
rime rime et rime
Laurence Vielle
Poète national Belgique
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18 juin 2017
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Ton baiser a la splendeur éclatée des érables
A la saison des grands départs d'oiseaux
Quand leurs graines ont pris le large
Sur les vents qu'elles empourprent
Je t'aime dans la profondeur des nuits
.../...
Je t'aime
Et la bouche s'étonne comme l'épine en mai
D'avoir des fleurs si blanches à pistils écarlates
.../...
Je t'aime et je connais l'ivresse des grands fonds
L'azote qui s'endort dans le cours des artères
La lenteur des poissons qui virent sans sillage
Le sable sous-marin sans trace sous tes pas
Je connais l'ivresse d'outre-mer
Et cet alcool si bleu dans les sarments qui brûlent.
Juliette Darle
Anthologie " Quand les femmes parlent d'amour " de Françoise Chandernagor
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11 juin 2017
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Marie-Laure Grouard (1822-1843)
Sonnet à M. L. Ulback.
Vous m'avez dit un jour: Jeune fille poète,
Ne chantez point votre âme et cachez votre coeur;
La femme, parmi nous, doit demeurer muette,
Renier ses amours et garder sa douleur.
Et moi je vous réponds: Dites à la tempête,
Aux grands vents, aux grands flots d'étouffer leur fureur;
Faites taire au vallon l'écho fort qui répète
Ou le cri de souffrance ou le cri du bonheur;
Dites au rossignol, sous la grande ramée,
Que son accent fait peine à votre âme alarmée...
Qu'il se taise toujours... Défendez au reclus
D'invoquer l'espérance et la liberté sainte;
Faites taire tout bruit, tout chant et toute plainte:
Quand tout sera muet, je ne chanterai plus.
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4 juin 2017
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.../...
Les matins succombent sous les fleurs, les soirs sont gorgés de parfums (.../...)
J'ai jeté ma tunique inutile pour donner ma poitrine aux abeilles, mes doigts aux papillons.
Les feuilles jouent autour de mon visage et le geai m'a crié des folies en passant.
Es-tu jaloux, Sylvius ?
Le soleil m'a prise à la nuque, son corps de feu m'a possédée.
Maintenant, je sens croître dans mes entrailles un fruit lumineux d'été.
Marguerite Burnat-ProvinS
extrait de " Le livre pour toi"
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28 mai 2017
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Recueil : "Rayons perdus"
Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
Rentrez, je ne suis plus l’heureuse jeune fille
Que vous avez connue en de plus anciens jours.
Je ne suis plus coquette, ô mes pauvres atours !
Laissez-moi ma cornette et ma robe de chambre,
Laissez-moi les porter jusqu’au mois de décembre ;
Leur timide couleur n’offense point mes yeux :
C’est comme un deuil bien humble et bien silencieux,
Qui m’adoucit un peu les réalités dures.
Allez-vous-en au loin, allez-vous-en, parures !
Avec vous je sens trop qu’il ne reviendra plus,
Celui pour qui j’ai pris tant de soins superflus !
Quand vous et mon miroir voulez me rendre fière,
Retenant mal les pleurs qui mouillent ma paupière,
Sentant mon cœur mourir et l’appeler tout bas,
Je répète : « À quoi bon, Il ne me verra pas ! »
.../...( extrait)
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