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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 01:56

LAMENTO

Près de moi, vous qui passez
Au hasard, dans les rues,
Désormais vous ne verrez
Que la simple inconnue
Que je suis devenue.

Hier, me fuit déjà
Tout mon passé s’en va
Sous la froide surface
Du marbre qui l’efface.

Dans ce dépouillement
Que reste-t-il de soi ?
Sans but, est l’existence !
Adieu, douce présence,
Adieu, tendres moments,
Fidèles sentiments,
Paradis d’autrefois !

Geneviève Gautier

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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 01:53
de Jean-Luc Aotret
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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 01:01

Caché dans la tour au beurre de la cathédrale de Bourges, l'homme
vert (cf. postface de la BD "la maison où rêvent les arbres" de Comès)
vous épie :

Blanc comme le calcaire
L’homme vert en sa tour
Se livre sans détours
Aux prisonniers des pierres

Minéral phylactère
Au végétal recours
Blanc comme le calcaire
L’homme vert en sa tour

Le fol a fort à faire
Vomissant son discours
Il invite au retour
Vers les grandes clairières
Blanc comme le calcaire
L’homme vert en sa tour

de Jean-Luc Aotret

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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 07:00
Quels chemins de forêt n’as tu pas empruntés
Quels sols encore attendent tes pas si empressés
A chaque retour aux sources, tu revis et découvres
Les innombrables lieux où, libre, ton coeur s’ouvre.
 
Les colères et les cris, confie les à la pierre
Elle gardera le feu dans son profond silence
Et apaisera ton être, t’offrant sans réticence
La fraîcheur immobile de son éternelle chair.
 
Les pleurs et les douleurs, rends les à la rivière
Elle enfle et se nourrit des émotions humaines
Les unissant enfin dans une fratrie sans chaînes
Afin d’en faire naître une eau vive plus claire.
 
Les soucis, les questions, présente les aux vieux chênes
Le front contre l’écorce, dans un doux tête à tête
Et dans leur grande sagesse, à toutes tes requêtes,
Ils sauront te transmettre la lumière souveraine.
 
Alors, quand ton corps las demandera le repos
Sur la terre dorée tu t’étendras enfin
Et en te remplissant de ses mille parfums
La Joie t’embrasera, comme d’un soleil le halo...
 
Purification Novembre 2006 Chantal
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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 00:20

Sur le thème du prénom du jour, déjà largement exploité depuis six
mois, voici un texte de Catherine d' AMBOISE (?-1550) extrait du
Chant royal de la plus belle qui jamais fut au monde :

Muses, venez en jubilations
Et transmigrez vos ruisseaulx cristalins,
Viens, Aurora, par lucidations,
En precursant les beaux jours matutins ;
Viens, Orpheus, sonner harpe et clarins,
Viens, Amphion, de la belle contree,
Viens, Musique, plaisamment acoustrée,
Viens, Royne Hester, parée de joyaulx,
Venez, Judith, Rachel et Florimonde,
Accompagnez par honneurs spéciaulx
La plus belle qui jamais fut au monde

 

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 01:38
Les poèmes qui associent rose et chose : encore Paul-Jean Toulet.      

Ce n’est pas drôle de mourir
Et d’aimer tant de choses :
La nuit bleue et les matins roses,
Les fruits lents à mûrir.
 
Ni que tourne en fumée
Mainte chose jadis aimée,
Tant de sources tarir...
 
Ô France, et vous Île de France,
Fleurs de pourpre, fruits d’or,
L’été lorsque tout dort,
Pas légers dans le corridor.
 
Le Gave où l’on allait nager
Enfants sous l’arche fraîche
Et le verger rose de pêches...
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21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 12:44

Gastéropode signe
De la voie dite humide
Sur ta feuille de vigne
Tu es ce curieux guide
Qui restant immobile
Tour à tour nous transporte
A travers cette ville
Par les huis et les portes
Des nefs et des hôtels
Vers la Grande Maison
Où sur la cheminée
Portant son gonfalon
Toute de fer armée
Se montre La Pucelle


de Jean-Luc Aotret 11/11/06

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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 10:32

Yves Tanguy illustra un de ses recueils  "Dormir, dormir dans les pierres",
voici "s'essouffler"de Benjamin Péret :

Ah fromage voilà la bonne madame
Voilà la bonne madame au lait
Elle est du bon lait du pays qui l’a fait
Le pays qui l’a fait était de son village
 
Ah village voilà la bonne madame
Voilà la bonne madame fromage
Elle est du pays du bon lait qui l’a fait
Celui qui l’a fait était de sa madame
 
Ah fromage voilà du bon pays
Voilà du bon pays au lait
Il est du bon lait qui l’a fait du fromage
Le lait qui l’a fait était de sa madame


Le Grand Jeu 1926

 

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 10:37

Sur une proposition de dame Lynet :

le calendrier les minutes et les heures
s'écoulent doucement
la rivière et l'automne
la rivière et l'absence
les arbres effeuillés

et quand la nuit s'empare de mes pensées secrètes
de mes amours d'enfant
mes statues en hiver
au bord de la colline
la neige et la beauté

tu ne pourras mesurer ton désir
que par le temps qui passe
entre les fois où tu bois à cette source-là
tu ne pourras mesurer ton désir
 
Gabriel Yacoub

extrait de la chanson Désir de l'Album Babel

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 09:43
Les mains d'Elsa

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi te mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Louis Aragon
Extrait du "Fou d'Elsa",
Édition Gallimard

(collection Blanche)

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L'univers d'An Amzer

 

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