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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 00:23

auteur né une année en 0 :

tn TiintoretFlora par le Tintoret cliquez sur l'image


Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus,
Pour eclairer la nuit sombre et obscure,
Quand j'apperceu la vive pourtraiture
De celle, ou git mon espoir gracieus.

Je fu trompé par l'espoir radieus
Que ses flambeaux jettoient à l'avanture,
Sur le plus haut de ma propre stature,
Qui luy servoit d'objet delicieus.

Si lustre étoit, et limpide sa veuë,
Si transparent et si tres-emouluë,
Qu'elle excedoit en lueur, les etoiles :

Je ne la peu jamais voir à plaisir,
Bien que tel fu mon envieus desir,
Tant s'opposoient devant mes yeus de voiles.

Philibert BUGNYON (1530-1587)

Les Erotasmes de Phydie et Gelasine


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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 00:00

auteur né une année en 0 :

tn Brabant

Marie de Brabant reine de France (1254-1321) Grandes Chroniques de France cliquez sur l'image

 

Dames qui tant braves, écoutez la tempête,
Dont le ciel éclatant menace votre tête,
Et s'il y a encor lieu de conversion,
Quittez vos vanités et ces bombances folles,
C'est à vous qu'Isaïe adresse ses paroles,
Si vous êtes au moins des filles de Sion.

Marie de BRABANT (1540-1610)

extrait de "Aux bombancières"

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 00:47

auteur né une année en 0 :

tn BelleauboisdormantLa Belle au Bois Dormant, illustré par Gustave Doré cliquez sur l'image

 

En ce temps-là vivaient le Roi Charmant,
Serpentin-Vert et Florine ma mie,
Et, dans sa tour, pour cent ans endormie,
Dormait encor la Belle-au-Bois-Dormant.

C'était le temps des palais de féerie,
De l'Oiseau bleu, des Pantoufles de vair,
Des vieux récits dans les longs soirs d'hiver :
Moins sots que nous y croyaient, je vous prie.

Robert de BONNIÈRES (1850-1905)


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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:58

auteur né une année en 0  :

 tn Gisants cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan à Josselin photo Jalm cliquez sur l'image


Les perdus, les absents, les morts que fait la vie,
Ces fantômes d'un jour si longuement pleurés,
Reparaissent en rêve avec leur voix amie,
Le piège étincelant des regards adorés.

Les amours prisonniers prennent tous leur volée,
La nuit tient la revanche éclatante du jour.
L'aveu brûle la lèvre un moment descellée.
Après le dur réel, l'idéal a son tour !

Ô vie en plein azur que le sommeil ramène,
Paradis où le coeur donne ses rendez-vous,
N'es-tu pas à ton heure une autre vie humaine,
Aussi vraie, aussi sûre, aussi palpable en nous,

Une vie invisible aussi pleine et vibrante
Que la visible vie où s'étouffent nos jours,
Cette vie incomplète, inassouvie, errante,
S'ouvrant sur l'infini, nous décevant toujours ?

Augustine-Malvina BLANCHECOTTE   (1830-1895)


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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 00:00

 

auteur né une année en 0 :

tn Bois

à Huelgoat photo Jalm cliquez sur l'image

 

Par le milieu des déserts écartés,
Dans la frayeur des antres plus sauvages,
Et sur le bord des plus lointains rivages,
Je fuis les lieux des hommes habités,

Et regrettant tes divines beautés,
Seul à l'écart, j'écoute les ramages
Des oiselets qui en mille langages
Chantent d'amour les saintes déités.

Mais las, maîtresse, ô triste destinée !
Tu verras tôt ma vie terminée
Parmi ces bois, et alors tu diras :

" Repose, amant, sous ces bocages sombres,
Ces pleurs, ces cris que j'épands sur tes ombres,
Sont les présents que de moi tu auras. "

Flaminio de BIRAGUE (1550-1610)

 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 00:30
auteur né une année en 0 :

tn Grenierà Landerneau photo Jalm cliquez sur l'image

C'est un grenier, point ne veux qu'on l'ignore.
Là fut mon lit bien chétif et bien dur ;
Là fut ma table ; et je retrouve encore
Trois pieds d'un vers charbonnés sur le mur.
Apparaissez, plaisirs de mon bel âge,
Que d'un coup d'aile a fustigés le Temps.
Vingt fois pour vous j'ai mis ma montre en gage.
Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !

Pierre-Jean de BÉRANGER (1780-1857)
extrait de "le grenier"

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:10
auteur né une année en 0 :
tn PierredeRonsard1620Pierre de Ronsard cliquez sur l'image

L'on a blâmé Ronsard d'avoir, vieil sacrilège,
Un noir bouc immolé, l'ayant voulu aimer ;
Je dis que le menteur qui l'osa diffamer,
Lui-même aurait bien fait comme Oris de Liège :

Cet Oris plein des feux de sa mignarde vierge,
Furieux, à minuit, commença de nommer
Tout ce qui fut d'affreux en l'Argolique mer,
Tête nue, pieds nus, tenant en main un cierge.

En desservant ainsi de son feu père l'âme,
Dont le corps regretté gisait sous une lame,
Répandit murmurant du vin, du miel, de l'eau,

Et du sang épuré de quatre brebis pleines,
Maints caractères saints pour traits sur les arènes,
Et pour dernier présent trois pots de lait nouveau.

Christofle de BEAUJEU   (1550-?)


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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 00:05
tn PortLouisplage de Toulhars devant Port-Louis photo Jalm cliquez sur l'image

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s'est retirée,
Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire,
À l'écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d'ambre et de diamant.

Et la brise n'apporte à la terre jalouse,
Qu'un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L'âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

Nérée BEAUCHEMIN   (1850-1931)

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:01
auteur né une année en 0 :
tn CyranosurLune"la poésie du passé" de Paul Eluard cliquez sur l'image

Ainsi qu'une jeune beauté
Silencieuse et solitaire,
Des flancs du nuage argenté
La lune sort avec mystère.
Fille aimable du ciel, à pas lents et sans bruit,
Tu glisses dans les airs où brille ta couronne,
Et ton passage s'environne
Du cortège pompeux des soleils de la nuit.
Que fais-tu loin de nous, quand l'aube blanchissante
Efface à nos yeux attristés
Ton sourire charmant et tes molles clartés ?
Vas-tu, comme Ossian, plaintive, gémissante,
Dans l'asile de la douleur
Ensevelir ta beauté languissante ?
Fille aimable du ciel, connais-tu le malheur ?
Maintenant revêtu de toute sa lumière,
Ton char voluptueux roule au-dessus des monts :
Prolonge, s'il se peut, le cours de ta carrière,
Et verse sur les mers tes paisibles rayons.

Pierre BAOUR-LORMIAN   (1770-1854)

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 00:15
auteur né une année en 0 :
tn Arbres2bois du Costour photo Jalm cliquez sur l'image

Arbres hospitaliers ! prêtez-leur vos ombrages ;
Sur eux avec amour penchez vos bras amis :
Non, par moi vos secrets ne seront point trahis.
Et seule, chaque jour, rêvant dans ces bocages,
Je viendrai visiter sous vos légers feuillages,
L'asile où j'ai compté quatre faibles petits.

Félicie-Marie-Émilie d' AYZAC (1810-1891)
(extrait) Le nid


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