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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 01:10

Y a tout à l'heure
Quinze ans d'malheur
Mon vieux Léon
Que tu es parti
Au paradis
D'l'accordéon
Parti bon train
Voir si l'bastrin-
gue et la java
Avaient gardé
Droit de cité
Chez Jéhovah
Quinze ans bientôt
Qu'musique au dos
Tu t'en allais
Mener le bal
A l'amicale
Des feux follets
En cet asile
Par saint' Cécile
Pardonne-nous
De n'avoir pas
Su faire cas
De ton biniou

extrait  "le vieux Léon" Georges Brassens

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9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 02:03

Epitaphe

J'ai vécu sans nul pensement,
Me laissant aller doucement
A la bonne loi naturelle,
Et si m'étonne fort pourquoi
La mort daigna songer à moi,
Qui n'ai daigné penser à elle.

Mathurin Regnier (1573-1613)

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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 01:56

rondel

je suis un enfant de l’hiver
que vent mauvais jamais n’atteint
mais qui sur les cendres d’hier
souffle déjà tôt le matin

bravant le temps qui me veut taire
et ces esprits par trop chagrins
je suis un enfant de l’hiver
que vent mauvais jamais n’atteint

mon seul désir en bandoulière
je continue sur ce chemin
voulant croire que sur la terre
il est toujours un lendemain
je suis un enfant de l’hiver
que vent mauvais jamais n’atteint

de Jean-Luc Aotret né en 1956

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 02:23

Je m'en vais à la recherche de l'homme vert caché dans
les branches minérales de la cathédrale de Bourges :

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

Charles Baudelaire

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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 02:23

Ce WE un ami nantais m'a parlé des poèmes d'Hélène Cadou
mis en musique pour la maîtrise de la Perverie :

C'était une demeure
D'ici et maintenant

Bousculée par le ciel
Et les erreurs
Du vent

Qui emportait
Nos rêves
Avec fruits et moissons

Qui emportait
Nos rêves
Avec fruits et moissons

C'était une demeure
Du ciel sans frontières

Les murs étaient d'ici
Le ciel était chez lui

Nous y vivions le jour
Connaissions le mot fin

Le temps réconcilié
A sa perte éternelle.

Hélène Cadou


De la poussière et de la grâce, Éd. Rougerie

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 04:41

A une époque où c'est la coutume de lire ce
type d'expression littéraire :

Epitaphe pour n'importe qui

On ne sait pourquoi cet homme prit naissance.
Et pourquoi mourut-il ? On ne l'a pas connu.
Il vint nu dans ce monde, et, pour comble de chance,
Partit comme il était venu.

La gaîté, le chagrin, l'espérance, la crainte,
Ensemble ou tour à tour ont fait battre son coeur.
Ses lèvres n'ignoraient le rire ni la plainte.
Son oeil fut sincère et moqueur.

Il mangeait, il buvait, il dormait ; puis, morose,
Recommençait encor dormir, boire et manger ;
Et chaque jour c'était toujours la même chose,
La même chose pour changer.

Il fit le bien, et vit que c'était des chimères.
Il fit le mal ; le mal le laissa sans remords.
Il avait des amis ; amitiés éphémères !
Des ennemis ; mais ils sont morts.

Il aima. Son amour d'une autre fut suivie,
Et de plusieurs. Sur tout le dégoût vint s'asseoir.
Et cet homme a passé comme passe la vie
Entrez, sortez, et puis bonsoir !

Jean Richepin (1849-1926)

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 09:28

Voici le texte d'un poète dont j'ai bien connu
la région pour y avoir vécu 13 ans :


Le Pain

Elle disait : c’est le pain
et de son lit étroit
le garçon répondait : merci
et la porteuse lisse et noire
déposait la livre à la porte
en bas se crispait
un jardinet sans fleurs
d’elle à lui il n’y eut jamais
que ces paroles sans aigreur
et qui montaient parmi tant d’autres
dans les matins blancs échangées
pour la vie
des corps par le monde.

Jean Follain 1947

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 03:37

Parmi les poètes mineurs, il en est qui furent des maîtres :

Poème Flou

A une morte

 

Où va la pluie , le vent la mène

En tintant sur le toit

Et je me serrais contre toi ,

Pour te cacher ma peine .

 

Le jardin noir aux arbres nus ,

Ta petite lampe en veilleuse ,

Tes soupirs heureux d'amoureuse

Que sont-ils devenus ?

 

J'écoute encor tomber la pluie :

Elle n'a plus la même bruit . . .

Francis Carco (1886-1958)

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 10:14

Un troubadour plus attaché aux sentiments qu'à la technique de la poésie courtoise,

et qui ne fut vraiment découvert qu'au temps des romantiques :

Nuit et jour je médite et pense et veille,
Plains et soupire et puis m'apaise;
Quand mieux m'advient j'en retire peine,
Mais une bonne attente m'éveille
Dont mes chagrins s'apaisent,
Fol, pourquoi me dire que j'en retire du mal :
Car si noble amour me l'envoie
Que l'envoi seul m'est un gain.

Que ma Dame ne s'émerveille
Si je lui demande son amour et un baiser,
Contre la folie dont je parle
Ce sera gente merveille
Si elle m'accole et me baise,
Dieu puisse-t'on se récrier déjà
("Ah,tel vous voie et tel vous ai vu !")
Pour le bonheur que l'on voit en moi !

Noble amour, je me fais votre compagnon
Car ce n'est ni promesse ni sort
Mais ce qui plaît à votre grâce
(Dieu je le crois m'en gratifie)
Que si noble amour soit mon sort.
Ah ! Dame, par pitié vous prie
Qu'ayez pitié de votre ami
Qui vous demande grâce si doucement !

Bernart demande grâce a sa dame
Qui si doucement lui fait grâce

Et si je ne la vois d'ici peu
Je ne crois pas que je la verrai de longtemps.

Bernart de Ventadour, Troubadour (début du XIIème siècle)

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 13:23

Référence fréquente de Charles de Moëlan, Paul Valéry nous donne
encore aujourd'hui :

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommence
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!

extrait du "cimetière marin"

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L'univers d'An Amzer

 

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