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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 02:20

Hier Katherine une amie anglaise m'envoie un beau poème d'Atahualpa
Yupanqui, je vous gratifie quant à moi de cet édifiant quatrain :

"Il est une affaire sur terre
Plus importante que Dieu :
Que personne ne crache le sang,
Pour que des gens vivent mieux."

(Hector Roberto Chavero dit Atahualpa Yupanqui / 1908-1992 / El Canto del viento)

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 02:33

En recherchant une chanson que fredonnait l'autre jour Charles
Le Quintrec à propos de jeunes filles et de mère, je découvre ceci :

DEVANT DEUX PORTRAITS DE MA MÈRE

Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien,
Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille,
Le front couleur de lys et le regard qui brille
Comme un éblouissant miroir vénitien !

Ma mère que voici n'est plus du tout la même ;
Les rides ont creusé le beau marbre frontal ;
Elle a perdu l'éclat du temps sentimental
Où son hymen chanta comme un rose poème.

Aujourd'hui je compare, et j'en suis triste aussi,
Ce front nimbé de joie et ce front de souci,
Soleil d'or, brouillard dense au couchant des années.

Mais, mystère de coeur qui ne peut s'éclairer !
Comment puis-je sourire à ces lèvres fanées ?
Au portrait qui sourit, comment puis-je pleurer ?


Emile Nelligan (1879-1941)
http://lapoesiequejaime.net/enelligan.htm

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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 03:54

En modeste préambule au spectacle "la femme acéphale" de Jacques Prévert par la cie
Les Affranchis au Stella de Lambé les 8,9 et 10 novembre prochain :

"Aujourd'hui les poètes sortent de sciences-po, bon... ou d'autre chose enfin de
science-po-éthique, c'est l'éthique, c'est la morale des poètes mais ce qu'ils
oublient c'est l'éthique, l'éthique de la peau, la poétique par exemple. Alors ils
séparent toujours l'âme du corps, c'est toujours pareil, il faut toujours qu'ils
expliquent l'existence du grand critique qui est là-haut et qui nous juge ou avec
des trompettes ou avec n'importe quoi et puis arrivent beaucoup de gens qui veulent
être poètes maudits en même temps et bénis et que ça tourne ensemble et que ça
s'arrange, que les gens reconnaissent qu'ils sont les premiers, alors ils discutent...
Qu'est-ce que tu veux que ça me foute, moi, personnellement ? Qu'est-ce que c'est,
enfin ? Je ne sais pas moi, ils ont un permis de chasse ? Moi je m'en fous, moi,
j'suis un braconnier."

Jacques Prévert (Mon frère Jacques)

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 02:51

En croisant deux vers de Christine de Pisan (1364-1431)
"Je fus comme une fille nommée
et bien nourrie et bien-aimée..."
dans ma lecture de "l'orfèvre de saint Séverin" d'Anne Courtillé éd. Presses de la Cité, je vous propose un de ses rondeaux :

“ JE NE SAIS COMMENT JE DURE... ”

Je ne sais comment je dure,
Car mon dolent (1) cœur fond d'ire (2)
Et plaindre n'ose, ni dire
Ma doleureuse (3) aventure,

Ma dolente vie obscure (4).
Rien, hors la mort ne désire ;
Je ne sais comment je dure.

Et me faut, par couverture (5),
Chanter que (6) mon cœur soupire
Et faire semblant de rire ;
Mais Dieu sait ce que j'endure.
Je ne sais comment je dure.


1. Souffrant
2. chagrin
3. Doloureuse (du latin dolor, douleur).
4. Sombre, triste.
5.  Par dissimulation.
6.  Pour “ce que”

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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 07:50

En traversant le pays Bigouden avant de rejoindre
le port de sainte Evette :

Vieux villages des terres bleues,
Tourbe, lande et bruyère 
Le grain pourrit, les arbres meurent (…)
Vous voilà devenus des îles dans le seigle…

 
Pierre Jakez Hélias
(1914-1995) "Manoir secret"

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 02:48

Après avoir évoqué avec une amie allemande la
riche créativité du moyen âge :

Ne sait chanter qui ne dit rien
Ni vers trouver qui ne dit mot
Nul ne sait comme il va des vers
Si leur mouvement ne l'anime
Ainsi commence ici mon chant
Plus l'ouïrez, plus il plaira.

Jaufré Rudel XIIème

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 01:00

« Pax et bonum » est la
Devise de la ville
Où repose tranquille
Le saint qui tant l’aima
Splendide arche de pierre
Pour ce nouveau Noé
Qui a su s’adresser
Aux animaux en frère
La cigale et le loup
Ainsi que les oiseaux
Encore aujourd’hui louent
Ensemble le très haut
Comme lui au jardin
Caché de Saint Damien

de Jean-Luc Aotret le 21/06/06

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 02:02

Avant-hier sur Inter Jean-Claude Ameisen parlant de son livre « la sculpture du vivant,
le suicide ou la mort créatrice » éd. seuil évoque « le dur désir de durer »
de Paul Eluard où l'on trouve ce poème dédié à Marc Chagall :

Ane ou vache coque ou cheval
Jusqu'à la peau d'un violin
Homme chanteur un seul oiseau
Danseur agile avec sa femme

Couple trempé dans son printemps

L'or de l'herbe le plomb du ciel
Séparés par les flammes bleues
De la santé de la rosèe
Le sang s'irise le coeur tinte

Un couple le premier reflet

Et dans un souterrain de neige
La vigne opulente dessine
Un visage aux lèvres de lune
Qui n'a jamais dormi la nuit.
 
(1946)

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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 01:03

Le petit clin d'oeil d'un bas-léonard à Gustave :


Par la grève et les champs où grèlent des éclats
Il coupe à travers vents voûté sur une flamme.
De courtils en chemins sa fuite est sans ébats ;
L'homme a dressé la pierre à protéger son âme.


Bernard Trébaol

Au gué l'aber éd. An Amzer


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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 03:01

J'peux pas m'empêcher d'aimer la poésie de ce simple p'tit gas d'la campagne :

Un soir d'hiver, quand de partout,
Les corbeaux s'enfuient en déroute,
Dans un fossé de la grand'route,
Prés d'une borne, n'importe où
Pleurant avec le vent qui blesse
Leurs petits corps chétifs et nus,
Pour souffrir des maux trop connus,
Les gueux naissent.

"Les Gueux" Gaston Couté (188O-1911)

http://gastoncoute.free.fr/

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