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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 11:38

Sur la digue sainte Anne face à la merveille de l'occident :

Sur la digue dressée
Apparaît la chapelle
Comme ultime rappel
De la fin d'un duché
Dépassant ce repère
Les marcheurs isolés
Doivent se confronter
Au péril de la mer
Chercher l'abri du vent
Et trouver le repos
A l'ombre d'un sureau
Avant d'aller au ciel
Louer le tout puissant
Sur le Mont Saint Michel

de Jean-Luc Aotret sept. 2002

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 02:05

En flânant dans Sienne qui se préparait
fièvreusement à la fête du Palio :

Dans la rue san Marco
Un gros colimaçon
Bavant sur son « palio »
Pend aux murs des maisons
Du haut de la colonne
La louve nous épie
Nourrissant ses petits
Tel eût fait Perséphone
Flanquée de son écu
La noble oie de Toscane
Aux façades s’adosse
Et le rhinocéros
A Sienne se pavane
Sous le chêne feuillu

de Jean-Luc Aotret 28/06/06

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 12:22

Début d'une collection de poèmes qui font rimer chose et rose.

 

La jeune fille et le ramier

 

Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir ;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée :
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir ?

Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage,
Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.

Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux !
Sous l'orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ?

Marceline Desbordes-Valmore

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 19:38

Une amie, ancienne institutrice originaire de Morlaix, m'a fait découvrir
dernièrement ce poète quaker français institureur à Morlaix en 1926 :

Choisis d'être. Que tes mains
Soient impures, les chemins
A tes passions difficiles

Et que ta barque à tous vents
Et tous les soleils craquent avant
D'échouer aux calmes îles.

Marius Grout (1903-1946) prix Goncourt 1945 pour le roman "passage de l'homme" 1943

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 09:44

En recherchant des textes d'Hadewijch d'Anvers, je suis tombé sur un d'une
de ses contemporaines :

C'est - mais personne ne sait quoi.
C'est ici, c'est là.
C'est loin, c'est près.
C'est profond, c'est élevé.
C'est ainsi :
Ce n'est ni ceci, ni cela.

Marguerite Porete (1250-1310) poète médiévale
Béguine excommuniée et brûlée vive en place de grève.

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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 08:51

Le WE dernier, je suis repassé aux abords du château de Saint-ILan (Langueux 22) acquis par Achille Latimier du Clézieux (1806-1893) poète et ami de Châteaubriand, voici ce qu'il m'avait inspiré il y a déjà 5 ans :

Déjà Nosferatu
Est reclus dans son noir
Et lugubre manoir
Dominant les herbus
La Filière déroule
Sous des ponts tisserands
Son modeste ruban
Face au drap de la houle
Et nous suivons son lit
Pour rallier Bonabry
Et sa Selkit patronne
Petite Troie bretonne
Hillion va héberger
Des descendants d'Enée

de Jean-Luc Aotret juin 2001

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 01:50

Dimanche matin en ouvrant un recueil de Rainer Maria Rilke (1875-1926) :

Un temple dans l'ouïe

Lors s'éleva un arbre.
O pure élévation ! O c'est Orphée qui chante !
O grand arbre en l'oreille ! Et tout se tut.
Mais cependant ce tu lui-même
fut commencement neuf, signe et métamorphose.


De la claire forêt comme dissoute advinrent
hors du gîte et du nid des bêtes de silence;
et lors il s'avéra que c'était non la ruse
et non la peur qui les rendaient si silencieuses,


mais l'écoute. En leurs coeurs, rugir, hurler, bramer
parut petit. Et là où n'existait qu'à peine
une cabane, afin d'accueillir cette chose,


un pauvre abri dû au désir le plus obscur,
avec une entrée aux chambranles tout branlants,
tu leur fis naître alors des temples dans l'ouïe.

Sonnets à Orphée

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19 septembre 2006 2 19 /09 /septembre /2006 01:42

Citation lue chez Bruno, à Trégueux, samedi soir :

"En poésie, on n'habite que le lieu que l'on quitte, on ne crée que
l'oeuvre dont on se détache, on n'obtient la durée qu'en détruisant
le temps."

René Char

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 01:23

Un petit clin d'oeil de Perros Guirrec où, à l'occasion des journées du patrimoine, on a rendu hommage à Anatole Le Braz sous le rocher des poètes qui porte notamment un médailon à la gloire du dénommé Vicaire :

VISITE APRES BOIRE

de Gabriel VICAIRE ( A la bonne franquette 1890 )

J'ai défoncé d'un coup de poing
Un caquillon de vieux gravelle.
Un rayon d'or en ma cervelle
S'est introduit, je suis à point.

Devant l'armoire aux confitures
Ma table s'est mise à valser ;
Mon lit demande à m'embrasser.
Seigneur Jésus, que d'aventures !

Et les bouteilles au long cou
Me contemplent d'un air si tendre !
Je ne me lasse pas d'entendre
Les cascades de mon coucou.

Ma foi, tant mieux ! Vive la joie !
Et je souris béatement.
Vous croiriez voir un garnement
Qui s'attable en face d'une oie.

D'un rayon d'or je suis féru.
Je ris, je ris ; j'en deviens bête.
Et voilà qu'en tournant la tête,
Quelque chose m'est apparu.

C'est comme un bateau qui chavire,
Comme un prunier qui va branlant,
C'est rose et bleu, c'est noir, c'est blanc,
Ça tourne, tourne, et vire, vire.

"Turlututu, chapeau pointu,
Rassure-toi, fait la donzelle.
Comme toi je suis demoiselle ;
Je n'en veux pas à ta vertu.

Je suis la muse peu sévère
Que nos vieux pères aimaient tant,
La muse qui laisse, en chantant,
Tomber des roses dans son verre...

Aujourd'hui, quel monde assommant !
Plus de jeunesse ! on parle en prose.
Le chardon vient après la rose ;
Après le bal, l'enterrement.

Le rire plein, large et sonore,
Le franc rire de nos aïeux ;
Ne s'envole plus vers les cieux ;
C'est à jurer qu'il déshonore !

Et le bon vin qui fait loucher,
Le vin gaillard, fils de nos vignes,
Où sont les vaillants qui soient dignes
Ah ! seulement d'en approcher ?

Tandis qu'en mon verre il rougeoie,
Plus d'un se râpe le palais
Avec l'ale ou le gin anglais.
Ils ont l'ivresse, non la joie.

D'aucuns, en pays allemand,
Vont se griser de lourde bière
Autant vaudrait se mettre en bière
Pour attendre le jugement.

D'autres, que Dieu les récompense,
Boivent dans un pot à pisser
Quelque chose qu'on voit mousser ;
Le coeur me léve quand j'y pense.

" Fi, pouah, pouah ! Les vilains goulus !
Le diable soit de leur bourrache ! "
Et la voilà qui tousse et crache :
" Les pauvres gens ! n'en parlons plus. "

" Je voudrais, dis je, belle brune,
Vous offrir un peu de vin blanc.
Les bouteilles sont sur le flanc,
Hélas ! il n'en reste pas une ! "

" Belle dame, excusez du peu !
Et que de grâces à vous rendre !
Mais, dites-moi, ne peut-on prendre
Un baiser... pour l'amour de Dieu ? "

Là-dessus, tout plein de cautèle,
Je m'approche. Mais en riant :
" Ah ! fi, fi. Le petit friand !
C'est qu'il aime la bagatelle !

Plus tard, plus tard, gros étourdi ;
Fais d'abord ton apprentissage.
A bas les mains ! Voyons, sois sage !
Nous verrons ça l'autre mardi. "

Et tout à coup, par la croisée,
La belle s'enfuit prestement.
C'est un vrai tour d'enchantement ;
Psit, psit ! Plus rien : une fusée !

J'ai beau m'écarquiller les yeux,
Rassembler mes pauvres idées.
Rien que les bouteilles vidées
Qui s'affalent à qui mieux mieux.

Et je l'avais là tout à l'heure,
Et son sourire était si frais !
Ah ! pour deux sous je pleurerais
Si je savais comment on pleure.

Amour, gaîté, tout est fourbu,
Et maintenant, ma foi, j'hésite.
Est-ce bien vrai, cette visite ?
Qui peut savoir ? j'avais tant bu.

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 02:29

Puisqu'il est toujours question de temps chez An Amzer poésies :

Aubrac d'Arvor
aride, taciturne.
De toute part le regard circulaire
des lointains qui avivent l'attente.
      Là-haut :
      le Menez Mickaël.
En bas : les fondrières de Yeun Elez
où veille le passeur de l'au-delà
      en compagnie
      du meneur d'âmes.

Gilles Baudry extrait de Temps d'Arrée
"Nulle autre lampe que la voix" éd. Rougerie mai 2006

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L'univers d'An Amzer

 

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