Jeudi 8 janvier 2009
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affiche de Théophile-Alexandre Steinlen
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Moi, ça m’emmerde l’jour de l’an :
C’est des giri’s, c’est des magnières,
On dirait qu’on est des rosières
Qui va embrasser sa maman.
C’en est des fricassé’s d’museau :
Du p’tit môme à la trisaïeule,
Les gén’rations s’ lich’nt la gueule...
Et d’dans ça s’dit : Crèv’ donc, chameau !
Su’ l’ boulevard on n’est pas chez soi :
Ya’ cor’ pus d’ mond’ que les dimanches,
Autour d’un tas d’ baraqu’ en planches,
Des magnièr’s de nich’ oùsqu’on voit :
Des poupé’s, des sing’s, des marrons
Glacés, des questions nouvelles,
Des dragé’s, des porichinelles,
J’ te vas en fout’, moi, des bonbons !
Tas d’ propr’ à rien, tas d’ saligauds,
Avec vos môm’, avec vos grues,
Vous m’barrez l’ trottoir et les rues,
J’ peux pas rammasser mes mégots !
C’est qu’il a du mal, el’ trottoir,
Pour caler les jou’ à son monde :
J’ peux pus compter su’ ma gironde,
On m’ l’a ramméssé’ l’aut’ soir.
Et faudrait q’ j’ay’ el’ coeur content ?
Ah ! nom de Dieu ! c’est rien de l’ dire :
J’étais ben pus chouett’ sous l’empire...
Ça m’emmerdait pas l’ jour de l’an !
Aristide Bruant
(1851-1925)
Par Janus
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Publié dans : le chat noir
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