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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 00:10

Un petit clin d'oeil de ce Jasmin d'Agen (poète occitan) rencontré dans le poème de Trébalot (Bernard Trébaol, dit) :
tn-Kerouz--r--.jpg
château de Kerouzéré photo Jalm

Apèi, luènh del brut de l'enveja,
Fai çò que fasèm tots: los uèlhs oberts, sauneja,
E sans pèiretas ni martèl,
Se bastís un pichon castèl
Ont pròche de Pascal tot lusís, tot daureja
E raja de bonur; ò ! lo sage a rason:
« L'ama sofrenta aima milhor. »
Aquesta, déjà tota al fait que la mestreja,
Sent qu'aima per totjorn; tot li ritz, mès, ailàs !
Mèl d'amor tròp viste amareja;
Tot d'un còp, se soven, fremís, ven coma glaç;
Al truc d'una pensada afrosa
Son castelet s'es demolit;
Revava d'amor, malurosa !
L'amor li'es defendut, lo grand Sorcièr z'a dit,
Lo Demon l'a crompada; e l'òme assès ardit
Per l'esposar, d'aprèt la menaça infernala,
Non diu trobar qu'un clòt dins sa cramba noviala; ...
Ela, veire morir Pascal a son costat !!
Pietat, mon Diu !… mon Diu, pietat !!

Françoneta (troasièma pausa).

Après, loin du bruit de l'envie,
elle fait ce que nous faisons tous: les yeux ouverts, elle rêve,
et sans pierre ni marteau,
elle se bâtit un petit château
où près de Pascal tout reluit, tout rayonne
et ruisselle de bonheur; oh ! le sage a raison:
« L'âme souffrante aime le mieux. »
Celle-ci, déjà toute au feu qui la maîtrise,
sent qu'elle aime pour toujours; tout lui rit, mais, hélas !
miel d'amour trop vite devient amer;
tout à coup, elle se souvient, frémit, devient comme glace;
au coup d'une pensée affreuse
son petit château s'est démoli;
elle rêvait d'amour, malheureuse !
L'amour lui est défendu, le grand Sorcier l'a dit,
le Démon l'a achetée; et l'homme assez hardi
pour l'épouser, d'après la menace infernale,
ne doit trouver qu'un tombeau dans sa chambre nuptiale;…
Elle, voir mourir Pascal à son côté !!
Pitié, mon Dieu !… mon Dieu, pitié !!

Françoneta (troisième pause).

Jasmin (Jacques Boé, dit) 1798-1864

 

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commentaires

S
l'âme souffrante aime le  mieux : un vers fort ....  Le poème-cadeau  de ce 4 décembre est plus lumineux, les sapins chantent les carols !
Répondre
O
Mon diu, que c'est beau. Cette langue est lyrique et musicale, et le sujet délicieusement dramatique.
Répondre

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